Une invasion marine qui perturbe la plus grande centrale nucléaire d'Europe occidentale
Un phénomène naturel a forcé lundi EDF à prendre des mesures de sécurité sur le site de la centrale de Gravelines : trois réacteurs ont été arrêtés et la puissance d'un autre a été réduite à 50 %. Seul un réacteur fonctionne encore à pleine capacité tandis qu'un autre reste en arrêt programmé pour maintenance.
Les installations prélèvent leur eau de mer pour le refroidissement. L'arrivée soudaine de bancs de méduses dans les stations de pompage a obstrué les systèmes et rendu nécessaires ces arrêts pour éviter toute anomalie opérationnelle. Sur place, la mobilisation a été immédiate, mêlant équipes de la centrale et professionnels de la pêche.
« Cette situation n’entraîne aucune conséquence sur la sûreté des installations, la sécurité du personnel ou sur l’environnement. »
Cette déclaration d'EDF vise à rassurer les riverains. La centrale de Gravelines, située sur la côte de la mer du Nord, avait déjà fait face au même type d'incident exactement un an plus tôt, avec des arrêts automatiques et un redémarrage progressif des unités.
Des pêcheurs engagés pour dégager les pompes
Dans le cadre d'un partenariat local, des pêcheurs professionnels ont été mobilisés pour ramasser les masses gélatineuses avant qu'elles n'atteignent les prises d'eau. Selon les comptes rendus locaux, 26 tonnes de méduses ont été retirées en une seule journée, effort qui vise à limiter la durée des arrêts et les risques pour les équipements.
- Réacteurs arrêtés : n°2, n°3, n°4
- Réacteur limité : n°1 à 50 %
- En fonctionnement à plein : n°6
- En maintenance : n°5
Les équipes d'exploitation, avec les services de maintenance, ont déclenché des protocoles prévus pour ce type d'incident : nettoyage des stations de pompage, vérifications techniques et surveillance renforcée des systèmes de refroidissement.
| Réacteur | Statut |
|---|---|
| n°1 | Puissance réduite à 50 % |
| n°2 | Arrêté |
| n°3 | Arrêté |
| n°4 | Arrêté |
| n°5 | Arrêt programmé (maintenance) |
| n°6 | Fonctionne à 100 % |
Pour les autorités locales et les habitants, la répétition de ce type d'incident interroge : le phénomène est saisonnier mais semble s'intensifier, selon des spécialistes cités dans la presse la saison précédente. Le lien avec le réchauffement des eaux et les modifications des écosystèmes côtiers est évoqué comme facteur probable.
Sur le volet pratique, EDF assure que la sûreté n'est pas compromise et que le personnel est en sécurité. Les opérations de nettoyage et de vérification se poursuivent afin de permettre le redémarrage progressif des unités arrêtées dans les meilleures conditions.
Au-delà de l'urgence technique, cet épisode rappelle la vulnérabilité des infrastructures littorales face aux variations de l'environnement marin et la nécessité d'outils de prévention et de réponse locaux, impliquant services industriels, pêcheurs et collectivités.