Un projet autorisé qui embrase un village en bord de baie
À l'entrée de Forest‑Montiers, petit village du Ponthieu proche de la baie de Somme, l'annonce de l'autorisation préfectorale pour la création d'un poulailler rassemblant 40 000 volailles a ravivé les tensions. Le dossier, porté par une jeune agricultrice de 25 ans, a été examiné lundi par une commission composée des services de l'État, d'associations et d'experts. La préfecture indique que les règles environnementales ont été respectées et que le préfet a délivré son feu vert, invoquant la souveraineté alimentaire.
Dans ce paysage bocager aux airs tranquilles, la perspective d'une unité d'élevage de cette taille interroge l'équilibre entre activité agricole et qualité de vie. Forest‑Montiers compte environ 400 habitants, et le projet se situe à l'entrée du bourg, position qui accentue la visibilité et l'impact pour les riverains.
"L’instruction a permis de s’assurer du respect des normes et prescriptions environnementales applicables au projet.", précise la préfecture de la Somme dans un communiqué.
Cette formulation officielle, lue dans le communiqué préfectoral, fait écho à une procédure encadrée : une consultation du public qui s'est tenue du 8 juin au 7 juillet 2026, un avis favorable du conseil municipal et une instruction « approfondie » visant à évaluer les incidences en matière d'environnement, de santé publique et de nuisances potentielles.
Opposition locale et mobilisation associative
Malgré ces garanties administratives, une partie des habitants et plusieurs associations de défense des animaux maintiennent leur opposition. Un collectif s'est constitué et une pétition a recueilli, à ce jour, près de 150 signatures. Les critiques portent essentiellement sur :
- les risques sanitaires et olfactifs pour le village et ses abords ;
- les conséquences sur les paysages et le tourisme lié à la baie de Somme ;
- la méthode : implantation à proximité immédiate des habitations.
Pour les partisans du projet, il s'agit au contraire de soutenir l'installation d'une jeune exploitante et de contribuer à la production locale d'œufs. Le conseil municipal de Forest‑Montiers a, lui, rendu un avis favorable, un élément souligné par les services de l'État lors de l'instruction.
Ce que dit la procédure et ce qu'elle implique
Selon la préfecture, l'instruction a vérifié la conformité réglementaire et évalué les incidences environnementales. Le feu vert préfectoral ouvre désormais la phase opérationnelle du projet, mais n'écarte pas d'éventuels recours contentieux déposés par des associations ou des riverains.
| Chiffres clés | Valeur |
|---|---|
| Capacité de l'élevage | 40 000 poules |
| Initiatrice | Marion Bocquillon, 25 ans |
| Population de la commune | ~400 habitants |
| Pétition | ~150 signatures |
| Consultation publique | 8 juin – 7 juillet 2026 |
Au cœur du débat se trouvent des questions plus larges : la place d'installations agricoles de grande taille en milieu rural, la protection des paysages littoraux et la transparence des procédures d'autorisation. À Forest‑Montiers, l'annonce préfectorale ne met pas fin aux échanges. Les riverains et les acteurs associatifs prévoient d'examiner les suites possibles, y compris juridiques, tandis que l'agricultrice pourra lancer les démarches d'aménagement et de construction.
Dans ces petits villages, chaque mètre carré compte : la décision administrative s'accompagnera désormais d'une surveillance attentive des impacts annoncés, que ce soit sur l'environnement, la santé publique ou la vie quotidienne des habitants. Les prochains mois diront si le compromis trouvé sur le papier se traduit par une cohabitation apaisée sur le terrain.