Une saison photo qui s’ancre au cœur de la ville
À La Roche-sur-Yon, l’art de l’image s’invite durablement à la médiathèque Benjamin-Rabier. Du 4 juillet au 26 septembre, l’artothèque réunit environ 80 photographies issues de sa collection et du « jardin secret » d’un collectionneur privé, dans une scénographie pensée pour le bicentenaire de la photographie. Au programme : des regards croisés sous six grands thèmes — paysage, fragments, expérimentations, être humain, végétal, bord de mer — pour faire dialoguer pratiques et époques, signatures reconnues et artistes du territoire.
Le commissariat a été confié à Jean Gorvan, expert et formateur en arts visuels, qui a travaillé avec l’équipe de l’artothèque afin d’entrelacer ces deux gisements d’images. Objectif : conduire le public, pas à pas, d’un « jardin secret » à un « jardin public », en assumant la diversité des écritures photographiques : tirages intimistes, images construites, flous volontaires, scènes du quotidien ou compositions plus abstraites.
Une politique locale tournée vers la photographie
Depuis la création de l’artothèque, la municipalité a donné une place de choix à la photo, visible à la médiathèque, au musée et dans l’accompagnement des pratiques amateurs, notamment au Club photo de Pont Morineau. Un cap rappelé par l’adjointe à la culture, qui souligne l’attention portée à ce médium dans les équipements municipaux.
« La Ville de La Roche-sur-Yon attache une place importante à l’art photographique, que ce soit à la Médiathèque, au Musée ou en soutien au Club photo de Pont Morineau »
Cette exposition met aussi en lumière le fonctionnement de l’artothèque : le prêt d’œuvres au public y occupe une place concrète dans la vie culturelle. Comme le résume l’un des médiateurs, la photographie représente 20 % des œuvres empruntables, signe d’un appétit local pour ce médium accessible et exigeant à la fois.
Six chapitres pour déplier les images
En salle, le parcours s’ouvre sur le paysage : bords de rivière, horizons littoraux, lignes d’arbres qui font écho aux reliefs vendéens et aux lumières de l’Atlantique. Viennent ensuite les fragments, où le réel se morcelle—détail d’architecture, geste saisi, texture—puis les expérimentations, terrain des manipulations de surface, jeux de superpositions et mises en scène.
La section être humain rassemble portraits et présences furtives, celles qui racontent des vies ordinaires autant que des postures plus frontales. Le volet végétal se concentre sur la matière vivante, du brin d’herbe aux jardins cultivés. Enfin, le bord de mer clôt le parcours, où l’on suit les mouvements d’écume, la respiration des marées et des scènes de plage qui parlent, ici, à beaucoup.
Pratique : horaires et accès
L’exposition est visible aux heures d’ouverture de la médiathèque Benjamin-Rabier. L’accès est libre et gratuit. Des visites commentées rythmeront l’été.
| Élément | Détails |
|---|---|
| Période | Du 4 juillet au 26 septembre |
| Lieu | Médiathèque Benjamin-Rabier, La Roche-sur-Yon |
| Entrée | Libre et gratuite |
| Horaires | Mardi, jeudi, vendredi : 12 h–18 h ; mercredi, samedi : 10 h–18 h |
| Visites commentées | Samedis 18 juillet et 22 août ; mercredis 29 juillet, 12 août et 9 septembre |
Ce que cela change pour le public
En période estivale, quand la ville s’ouvre et que beaucoup circulent entre centre et littoral, ce rendez-vous offre une halte culturelle accessible, au frais, à deux pas des commerces et des bus. Pour les enseignants, associations et curieux, les visites guidées permettent de baliser un premier contact avec la photographie contemporaine et d’interroger les gestes de regard : cadrer, découper, assembler, raconter.
Pour l’artothèque, c’est l’occasion de montrer la richesse de ses collections et l’intérêt du prêt d’œuvres, qui encourage à vivre l’art au quotidien, à domicile. Pour le musée, c’est un prélude utile : plusieurs pièces inédites y trouvent un premier public, comme un avant-goût des futurs cheminements muséaux. Le tout dans un format à taille humaine, pensé pour le rythme de la ville et des vacances.
Un pont entre amateurs et artistes
La sélection marie signatures reconnues et artistes « du territoire », renforçant le lien entre la scène locale et des courants plus larges. Ce brassage élargit la palette des références, donne des points d’appui aux photographes en devenir et nourrit les pratiques du Club photo de Pont Morineau comme des ateliers d’éducation artistique.
- Une exposition gratuite et estivale, au centre-ville, accessible à tous.
- Un parcours thématique en six chapitres pour explorer la diversité photographique.
- Des visites commentées tout l’été pour accompagner la découverte.
En filigrane, cette programmation affirme une évidence : la photographie s’est installée dans le paysage culturel yonnais. Ici, elle respire à son rythme, entre jardin secret et jardin public, et continue de nous apprendre à voir.