Un rebondissement judiciaire dans le dossier Alphonse-Baudin
Le dossier intéresse tout le quartier. Le parquet de Paris a annoncé, mercredi 8 juillet, qu’il allait faire appel de la relaxe prononcée contre David G., 36 ans, ancien animateur périscolaire de l’école maternelle Alphonse-Baudin (11e arrondissement). L’homme était poursuivi pour des agressions sexuelles de neuf enfants âgés de 3 à 5 ans.
Au printemps, le tribunal correctionnel de Paris avait rendu un jugement contrasté : relaxe sur les poursuites pour agressions sexuelles, décision motivée par le président du tribunal qui a estimé que les éléments matériels étaient insuffisants et qu’un doute sérieux bénéficiait au prévenu. Dans le même temps, la justice a condamné l’ex-animateur à huit mois de prison avec sursis pour des faits de harcèlement sexuel à l’encontre de deux collègues et l’a inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV), ce qui lui interdit désormais d’exercer comme animateur.
« Le parquet a fait appel de la décision de relaxe rendue sur les infractions pour lesquelles il avait requis la condamnation »
La procureure avait, lors du procès en mai, demandé la condamnation pour agressions sur trois des neuf enfants visés par les plaintes. Sans antécédent judiciaire, l’accusé encourait jusqu’à dix ans de prison et 150 000 euros d’amende si une condamnation avait été prononcée sur l’ensemble des chefs d’accusation.
Au tribunal, les débats ont été vifs. Les familles des enfants ont exprimé leur colère lorsque le président a exposé longuement les motifs de la relaxe. Le jugement retient notamment que les récits des enfants ont pu être influencés par l’intervention de leurs parents et que, dans le dossier, aucun adulte n’a signalé avoir observé des gestes à caractère sexuel envers les élèves.
- Victimes : neuf enfants, 3–5 ans.
- Décision en première instance : relaxe pour agressions sexuelles ; condamnation pour harcèlement sexuel (8 mois avec sursis).
- Suite : appel formé par le parquet de Paris.
Sur le banc des témoins, l’accusé avait nié tout geste à caractère sexuel et évoqué d’éventuelles « maladresses » liées à un manque de formation — gestes affectueux comme porter des enfants sur les genoux ou des surnoms. Ces éléments n’ont pas suffi aux juges pour lever le bénéfice du doute dans l’affaire principale.
| Élément | Situation |
|---|---|
| Poursuites | Agressions sexuelles sur 9 enfants |
| Verdict (mai) | Relaxe sur agressions ; 8 mois sursis pour harcèlement |
| Mesure administrative | Inscription au FIJAISV — interdiction d’exercer |
| Action du parquet | Appel de la relaxe |
L’appel relance le dossier et ouvre une nouvelle étape procédurale. Il pourrait conduire à une réévaluation des preuves et à une nouvelle audience. Pour les familles, le goût de l’injustice reste vif ; pour la communauté scolaire du 11e, la question de la protection des plus jeunes et des protocoles de surveillance périscolaire reste posée. Le prochain acte appartient désormais à la chambre d’instruction ou à la juridiction d’appel qui devra se prononcer sur la validité des éléments invoqués en première instance.
Les informations publiées ici reposent sur les éléments communiqués par le parquet et le dossier exposé au procès.