Un fort oublié, à deux pas de Paris, reprend vie
Le Fort de Romainville, construit entre 1844 et 1848 pour protéger Paris, va connaître une métamorphose ambitieuse. Longtemps clos et laissé dans l’ombre, l’enceinte militaire, marquée par son rôle pendant la Seconde Guerre mondiale, s’apprête à devenir un morceau de ville vivant, ouvert et utile.
Le projet, nommé Grands Lilas, transforme l’ancienne emprise en un quartier multifonctionnel centré autour d’une grande esplanade : la place des Arts. Le site mêlera habitat, activités économiques, équipements culturels et espaces verts. Les intentions affichées sont à la fois patrimoniales — mise en lumière d’une histoire douloureuse — et résolument tournées vers l’avenir, avec des solutions énergétiques renouvelables.
- Mémoire : un mémorial inédit dédié aux femmes en Résistance et en Déportation.
- Habitat et vie quotidienne : logements, résidence étudiante, hôtel installé dans l'ancienne caserne.
- Économie locale : ateliers d'artisans, casemates transformées en locaux pour associations et activités artisanales, espaces de coworking, commerces.
- Innovation alimentaire : incubateur dédié à l'alimentation durable.
- Nature et agriculture urbaine : ferme urbaine, parc, bois et toits végétalisés.
Des chiffres concrets pour une réinvention à grande échelle
| Élément | Données |
|---|---|
| Surface ferme urbaine | 13 800 m² |
| Parc | 2 hectares |
| Bois | 6 000 m² |
La nature prendra une vraie place : remparts et toitures accueilleront la ferme urbaine de 13 800 m², un parc de 2 hectares et un bois de 6 000 m² complètent l’offre. Un belvédère permettra d’embrasser la plaine de France depuis les hauteurs du site.
« Fini le fort inaccessible » — formule employée pour résumer la logique d’ouverture du projet.
Ambitions écologiques et usages quotidiens
Outre la végétalisation, le futur quartier mise sur des sources d’énergie renouvelables : panneaux solaires et chauffage par géothermie sont prévus. L’ensemble veut réduire l’empreinte énergétique tout en offrant des services de proximité — espaces sportifs, incubateur d’alimentation durable, coworking — susceptibles d’attirer habitants et acteurs économiques locaux.
Les casemates, vestiges du passé militaire, ne seront pas condamnées à l’oubli : elles seront transformées en lieux associatifs et en ateliers. La caserne, quant à elle, accueillera un hôtel, signe d’une hybridation des fonctions qui vise à animer le site à toute heure.
Conséquences pour les riverains et la métropole
À court terme, l’ouverture progressive du fort promet de modifier l’offre de logements et d’équipements aux portes de Paris. À moyen terme, le mélange mémoire-culture-économie verte peut peser sur l’attraction du territoire, attirer des résidents jeunes (résidence étudiante) et des porteurs de projets liés à l’alimentation durable. Reste la question de la gestion des flux — fréquentation touristique, circulation, cohabitation avec les quartiers voisins — que devront affiner les autorités municipales et les aménageurs.
Le Fort de Romainville n’est plus une enclave historique fermée. Il se dessine désormais comme un terrain d’expérimentation urbaine : un lieu où l’histoire se raconte, où l’industrie créative côtoie la culture alimentaire et où la ville se remet à respirer.