Un oiseau urbain qui ne cesse de prospérer
Dans les centres-villes, les zones industrielles et sur les bâtiments publics de l’île, le pigeon a pris une place visible dans le paysage réunionnais. Importée, l’espèce s’acclimate particulièrement bien là où la nourriture est facile d’accès et où les points d’appui pour nicher sont disponibles. Aucun comptage officiel n’existe, mais les signes sur le terrain laissent penser à une augmentation notable des effectifs ces dernières années.
Animal de 200 à 300 grammes, le pigeon vole souvent en essaim et ses déjections peuvent transporter des bactéries pathogènes, dont la salmonellose est citée parmi les risques potentiels. Si les rats et les termites conservent un statut plus emblématique de nuisibles dans l’île, le pigeon s’impose comme un sujet concret pour les gestionnaires d’immeubles et les collectivités.
Des interventions régulières, de la ville aux cirques
Des entreprises réunionnaises spécialisées en désinsectisation et dépigeonnage sont sollicitées à travers l’île. Sébastien Regnault, directeur technique de Bourbon Désinsectisation, explique que l’activité ne se limite pas au littoral :
« Je ne pense pas qu’il y a une commune de l’île qui n’a jamais fait appel à nous. On est intervenu à Salazie, à la Plaine-des-Palmistes, partout »
Le marché du dépigeonnage compte plusieurs acteurs locaux. Parmi leurs clients figurent des bailleurs sociaux, confrontés à l’exigence de préserver les logements et les parties communes des désordres causés par les oiseaux.
Mesures mises en œuvre et retours d’expérience
Les solutions mobilisées vont de la protection passive à la répulsion : pose de filets pour empêcher l’accès aux coursives, installation de pics anti-nidification, interventions de fauconnerie pour effrayer les volées, et parfois des opérations de stérilisation ou d’élimination selon la gravité des sites infestés.
- Filets : empêchent l’accès aux zones de nidification sur les coursives.
- Pics : dissuasion physique mais parfois peu efficace seule.
- Fauconnerie : utilisation de rapaces pour provoquer un déplacement des oiseaux.
- Dépigeonnage professionnel : interventions spécialisées par des sociétés locales.
Frédéric Souverain, directeur de la gestion locative à la Semader, confirme ce recours aux filets et autres protections dans des opérations récentes, comme à la résidence Les Lataniers, en centre-ville de La Possession. Il rappelle toutefois que certaines de ces mesures n’étaient pas toujours imposées aux bailleurs, d’où des interventions différées.
Conséquences pour les habitants et actions à prévoir
Sur le terrain, la présence accrue de pigeons se traduit par des nuisances — salissures, risques sanitaires sur les parties communes et sur les façades — et par un coût pour les gestionnaires d’immeubles. La diversité des réponses montre qu’il n’existe pas de solution unique : la combinaison d’aménagements préventifs et d’interventions ponctuelles semble la voie la plus fréquemment adoptée.
| Élément | DonnéeMentionnée |
|---|---|
| Poids | 200–300 g |
| Risque sanitaire | Salmonellose (potentielle) |
À La Réunion, comme ailleurs, la lutte contre le pigeon implique une coordination entre entreprises spécialisées, bailleurs et collectivités. Pour les habitants, la prévention passe aussi par la gestion des sources de nourriture accessibles et le signalement des lieux fortement touchés aux services concernés.
Les interventions récentes et la multiplication des demandes témoignent d’un phénomène installé : le pigeon est désormais une réalité urbaine à gérer, du littoral aux cirques.