Un département boisé, des forêts fragilisées
Le colonel à la tête du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de l’Ain tire la sonnette d’alarme : face aux épisodes de sécheresse répétés et aux ravages d’organismes comme la pyrale ou le scolyte, les massifs locaux sont « fragilisés » et rendent le département plus vulnérable. L’Ain compte environ un tiers de sa surface en forêt, un constat qui fait entrer le territoire dans ce que le SDIS qualifie de « nouveau territoire de feu ».
« Nous devons nous préparer » : le message du directeur
« Les forêts sont fragilisées par la sécheresse, la pyrale, le scolyte… Nous savons que dans les années à venir, nous serons concernés par un incendie d’ampleur… Le plus tard possible, mais nous devons nous préparer. »
Arrivé en avril 2026, le colonel Thibaut Niderlender a rapidement mis l’accent sur la prévention et l’organisation des secours à l’échelle départementale. Il rappelle la nature mouvante des feux de forêt : trajectoire imprévisible, rôle du vent, influence du relief. Ces incertitudes imposent des réponses coordonnées quand plusieurs dizaines d’intervenants sont engagés simultanément.
Moyens et formation : l’effort du SDIS
Pour faire face, le SDIS a renforcé les formations et les équipements. Les chiffres cités pour 2026 montrent un effort significatif :
- 1200 sapeurs-pompiers formés aux feux de forêt, soit près de 40 % de l’effectif départemental.
- Chaque année, entre 100 et 120 pompiers suivent un parcours spécifique dédié aux feux de végétation.
- Près de 75 engins ou moyens spécialisés (camions-citernes feux de forêt, véhicules de commandement, engins tout-terrain) sont répartis sur le département.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Part de surface boisée | ~1/3 |
| Sapeurs formés en 2026 | 1200 (~40%) |
| Formation annuelle | 100–120 personnes |
| Moyens spécialisés | ~75 engins |
Préparation locale et coordination
Le colonel insiste sur la nécessité d’entraînement interservices : les manœuvres en présence de nombreux intervenants doivent être rodées pour éviter le flottement opérationnel le jour J. Les équipements seuls ne suffisent pas : la gestion de la circulation, la protection des populations et la lutte pour contenir la propagation exigent des protocoles clairs et répétés.
Ce que les habitants doivent retenir
Pour les riverains, quelques éléments concrets ressortent : vigilance accrue en période de canicule, respect des interdictions de barbecue ou de brûlage, et information sur les plans communaux de sauvegarde qui précisent les consignes à suivre en cas d’alerte. Le SDIS rappelle que la prévention reste une clef pour limiter l’ampleur des sinistres.
À l’échelle du département, le message est clair : la catastrophe observée cet été dans le Sud-Ouest n’est pas forcément une fatalité pour l’Ain, mais elle oblige à anticiper, instruire et coordonner sans relâche.