Un sentier pour se souvenir, à proximité de Lyon
Vendredi 3 juillet, le Département du Rhône a dévoilé à Genas un nouveau Sentier Mémoire rebaptisé « Chemin des Fusillés », destiné à commémorer les victimes du massacre des Bouvarets perpétré en 1944. Ce parcours de randonnée rappelle un épisode tragique lié directement à Lyon : le 12 juillet 1944, 22 prisonniers de la prison Montluc (Lyon 3e) ont été conduits à Genas puis fusillés par les troupes allemandes.
Ce dispositif s’inscrit dans la continuité d’une politique mémorielle départementale : il s’agit du troisième « Chemin des Fusillés » installé par le Département, après ceux de Vindry-sur-Turdine et de Salles-Arbuissonnas. L'initiative cherche à redonner vie aux lieux marqués par les conflits du XXe siècle, en les rendant accessibles au grand public.
Éducation et transmission : des élèves au cœur du projet
Le Sentier Mémoire met en avant le travail des collégiens de Louis Leprince-Ringuet à Genas. Depuis 2020, ces élèves ont mené des recherches sur le parcours des résistants fusillés et ont restitué leurs travaux sous forme de bandes dessinées. Leur travail a été distingué : il a reçu le premier prix académique du Concours national de la Résistance et de la Déportation.
En 2026, une nouvelle promotion d'élèves a prolongé ce travail en réalisant des versions audio des planches et en intégrant le témoignage de Noémie Durand, jeune bergère témoin du massacre. Ces contributions servent aujourd’hui de supports pédagogiques et patrimoniaux le long du sentier, à destination des promeneurs et des groupes scolaires.
"Les sentiers mémoire du Département visent à proposer des chemins en proximité de sites marqués par des événements liés aux conflits du XXe siècle. Ils redonnent vie aux lieux mémoriels locaux, par une approche innovante, intégrant le travail de jeunes Rhodaniens, ambassadeurs de la mémoire locale" — Jean-Jacques Brun, vice-président du Département du Rhône chargé de la citoyenneté.
La mise en place de médias variés (bandes dessinées, fichiers audio, vidéos) permet d’aborder l’histoire sous des formes accessibles et adaptées aux publics contemporains, facilitant la transmission intergénérationnelle.
Contexte historique rappelé
Le massacre des Bouvarets renvoie à une opération menée le 12 juillet 1944 : 22 détenus, âgés de 20 à 47 ans, parmi lesquels plusieurs membres des Forces Unies de la Jeunesse, ont été exécutés. Le nouvel itinéraire commémoratif replace ces événements dans leur géographie locale et invite à la réflexion sur les mécanismes de la répression durant l’occupation.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Date du massacre | 12 juillet 1944 |
| Nombre de victimes | 22 |
| Âges des victimes | 20 à 47 ans |
| Nombre de Chemins des Fusillés dans le département | 3 |
Cette signalétique mémorielle complète d’autres initiatives locales : la Ville de Genas a produit l’an passé une vidéo soutenue par la DRAC et la Région Auvergne-Rhône-Alpes, qui recueille les récits d’habitants ayant vécu la période. Les nouveaux panneaux et contenus audio viennent s’ajouter à ces archives et supports.
Conséquences et enjeux locaux
- Renforcer la connaissance historique auprès des habitants de l’agglomération lyonnaise et des scolaires ;
- Valoriser les travaux pédagogiques locaux et donner une visibilité aux jeunes chercheurs amateurs ;
- Faire du sentier un lieu de mémoire accessible, propice aux commémorations et à la réflexion citoyenne.
En reliant directement l’histoire de la prison Montluc (Lyon) au site des Bouvarets (Genas), le Chemin des Fusillés offre un parcours de mémoire qui touche autant les communes périurbaines que la métropole. Il rappelle aussi que la transmission du souvenir passe par des actions concrètes, impliquant élus, services culturels et établissements scolaires.
À l’heure où la conservation de la mémoire se confronte aux enjeux de renouvellement des publics, ce type d’initiative locale — alliant randonnée, pédagogie et archives sonores — constitue une piste pour maintenir la mémoire vive au cœur des territoires lyonnais et rhodaniens.