Un procès qui remue le cœur de la ville
À Mont-de-Marsan, le procès lié au démantèlement d'un trafic organisé de stupéfiants et de cigarettes concentre depuis plusieurs jours l'attention des habitants. Neuf personnes, toutes domiciliées dans la préfecture des Landes, sont poursuivies devant la juridiction compétente pour des faits qui, selon l'enquête, prenaient racine derrière l'église Sainte-Thérèse, au niveau de la place du Forum.
Parmi les prévenus figurent trois femmes âgées de 37 à 57 ans et six hommes âgés de 20 à 38 ans. Les charges vont du trafic de stupéfiants et de la vente frauduleuse de tabac au recel, au blanchiment d'argent et à la détention d'armes. Cinq des hommes sont actuellement écroués.
Un « point » identifié et surveillé
Les investigations policières se sont focalisées sur un lieu bien précis, rebaptisé « Le Rond » par les enquêteurs, situé à l'arrière de l'église Sainte-Thérèse. À partir de 2024, ce secteur a été signalé comme foyer d'activité illicite, justifiant une surveillance prolongée qui a combiné observations de terrain, balises et drone.
« Le point de deal était ouvert de 10 à 23 heures, voire minuit, avec en moyenne 260 clients par jour », indique le dossier d'enquête.
Les policiers estiment, toujours selon le dossier, que le chiffre d'affaires du lieu atteignait environ 90 000 euros par mois, chiffrage qui a servi à renforcer les poursuites pour blanchiment.
Des profils divers, des rôles différenciés
Le dossier décrit une organisation aux missions réparties : certains s'occupaient de la vente directe — qualifiés dans l'acte d'enquête de « charbonneurs » —, d'autres jouaient le rôle de « nourrices » en cachant ou en conservant les produits, tandis que des proches pouvaient être sollicités pour transporter de l'argent. Le tribunal a aussi entendu des éléments sur des tentatives de blanchiment via des jeux d'argent.
- Nombre de prévenus : 9
- Public visé : clientèle estimée à 260 personnes/jour
- Estimation du chiffre d'affaires : 90 000 € par mois
Conséquences locales et interrogations
Ce dossier interroge Mont-de-Marsan sur plusieurs plans : la présence d'un point de vente dans un secteur urbain sensible, l'impact sur les riverains et la jeunesse, et les filières financières qui permettent d'absorber d'importantes recettes illicites. Dans la salle d'audience, une cinquantaine de proches, y compris des enfants, ont assisté aux débats, montrant le retentissement social de l'affaire.
Les récits entendus en audience témoignent aussi d'une réalité humaine complexe : une mère expliquant qu'elle préparait des pochons pour aider son fils « sous l'emprise de quelqu'un », et une autre suspectée d'utiliser les jeux pour blanchir l'argent. Les langues se délient, mais le tribunal doit désormais établir les responsabilités individuelles et les peines adaptées.
Le temps de la justice
Le procès se poursuit ; il doit permettre d'éclairer l'organisation exacte des rôles, la répartition des bénéfices et les liens entre les acteurs. Pour les Montois, les décisions à venir sont attendues avec attention, tant elles concernent la sécurité locale et la reconquête des espaces publics. La ville observe, et la justice tranche.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Nombre de prévenus | 9 |
| Prison | 5 hommes écroués |
| Clientèle estimée | 260/jour |
| Chiffre d'affaires estimé | 90 000 €/mois |