Un coup de poing en cellule, des questions sur la prise en charge
Le lundi 13 juillet, un incident grave s'est produit à la maison d'arrêt de Mont-de-Marsan (MA1) : lors de l'ouverture d'une cellule, un détenu identifié comme MOS a porté un coup violent à un officier, touchant le gilet pare-lames. Les agents présents ont refermé la porte pour sécuriser la zone avant l'arrivée des équipes de libération et de sécurité pénitentiaire (ELSP). L'agresseur a ensuite été maîtrisé, placé au quartier disciplinaire et pris en charge par les services.
Dans son communiqué, l'organisation syndicale UFAP UNSa Justice salue le sang-froid et le professionnalisme des personnels présents, qui ont permis d'éviter un drame plus grave. Mais elle pointe aussi une série d'alertes non écoutées et dénonce une inaction administrative qu'elle juge responsable de l'agression.
Des alertes répétées sur un détenu au profil préoccupant
Selon le syndicat, le détenu en cause présentait depuis plusieurs semaines un profil psychiatrique particulièrement inquiétant et était maintenu en détention ordinaire au rez-de-chaussée, faute de place à l'isolement. Le communiqué évoque des comportements à risque : tentatives d'affrontement, dissimulation d'une lame entre les doigts et mesures restrictives déjà mises en place par le personnel, comme la distribution de repas en barquettes pour limiter les sorties.
« Lorsqu’il s’agit de faire entrer un profil ultra-dangereux dans notre établissement, les procédures d’urgence fonctionnent. Mais lorsqu’il faut en faire sortir un pour protéger les personnels, la machine administrative se grippe… jusqu’à l’agression. »
Le syndicat rappelle qu'au CSA du 1er juillet la présidente avait annoncé le transfert du détenu, annonce qui, selon l'UFAP, n'a pas été suivie d'effet. En parallèle, le communiqué cite un autre transfert, celui d'un détenu MOS arrivé en urgence de Bordeaux-Gradignan le jeudi 9, pour souligner l'incohérence des procédures selon leur logique : faciles et rapides pour entrer un détenu, lentes quand il s'agit de le transférer hors de l'établissement.
| Date | Fait |
|---|---|
| 1er juillet | Annonce au CSA du transfert du détenu (non réalisé) |
| 9 juillet | Transfert urgent d’un autre détenu de Bordeaux-Gradignan vers Mont-de-Marsan |
| 13 juillet | Agression d’un officier lors de l’ouverture d’une cellule |
Les demandes du syndicat et les enjeux locaux
Face à cette situation, l'UFAP UNSa Justice formule des exigences claires :
- Le transfert immédiat du détenu vers une structure adaptée à son profil ;
- La mise en place d'une politique permettant de protéger durablement les personnels et d'éviter la répétition de tels incidents.
Ce dossier interroge la capacité de l'administration pénitentiaire à concilier réactivité et sécurité du personnel dans un contexte local où les places d'isolement et les structures spécialisées peuvent faire défaut. À Mont-de-Marsan, où la maison d'arrêt joue un rôle central, la tension est palpable parmi les agents et leurs représentants syndicaux.
Contactée, l'administration pénitentiaire n'a pas fait l'objet de déclaration dans le communiqué rendu public par l'UFAP. Reste que la demande du syndicat — un transfert et des mesures de protection — vise à prévenir d'autres passages à l'acte et à rassurer le personnel, essentiel au fonctionnement de l'établissement et à la sécurité de tous.
À Mont-de-Marsan, habitants et élus suivront l'évolution de ce dossier ; la sécurité des agents et le traitement des détenus à risques restent au coeur des débats locaux.