Un comité de pilotage pour coordonner une riposte départementale
La Moselle met enfin en place une organisation à l'échelle départementale pour lutter contre le frelon asiatique, ravageur majeur pour les ruches et la biodiversité. Le 16 juillet, un premier comité de pilotage s'est tenu en préfecture, réunissant l'État, le Sdis, le Département, le Groupement de défense sanitaire apicole (GDSA) et Matec, l'agence technique départementale.
Cette réunion s'inscrit dans la mise en œuvre de la loi du 15 mars 2025 visant à enrayer la prolifération de l'espèce en France. Les participants entendent construire une stratégie partagée et mutualiser moyens et compétences pour intervenir plus efficacement sur le terrain.
« Rien qu’en Moselle, le nombre d’interventions est passé de 61 en 2024 à 250 en 2025 »
Ce constat, rapporté par un élu du Département, illustre la progression rapide du phénomène et la pression croissante sur la filière apicole locale.
Matec, coordinateur technique et opérationnel
Parmi les premières décisions, la direction de l'action technique a été confiée à Matec, établissement public déjà cofinancé par le Département, les EPCI et des communes. Sa mission : fournir ingénierie, appui administrative, juridique et financier aux collectivités et agir comme pivot d'une réponse coordonnée.
- Rassembler les acteurs (État, SDIS, collectivités, GDSA) pour une réponse commune ;
- Structurer les interventions pour mieux prioriser les nids et limiter les coûts ;
- Définir un modèle de financement départemental encore à préciser.
Le sujet de la financiarisation des actions reste entier : la réunion n'a pas clos la question du coût global ni des modalités d'aide aux communes et aux apiculteurs pour la destruction des nids ou la pose de protections.
Un enjeu économique et écologique
Les dégâts causés aux colonies d'abeilles sont loin d'être anecdotiques : la filière évalue ces pertes à 12 M€ par an au niveau national. À l'échelle locale, l'augmentation des interventions — passée de 61 en 2024 à 250 en 2025 — témoigne d'une aggravation sensible du risque pour les apiculteurs mosellans.
| Indicateur | 2024 | 2025 |
|---|---|---|
| Nombre d'interventions en Moselle | 61 | 250 |
| Estimations de dégâts (filère nationale) | 12 M€ par an | |
Conséquences locales et perspectives
Pour les apiculteurs, une coordination départementale doit permettre de prioriser les zones à risque, d'améliorer la remontée d'informations et d'optimiser l'emploi des moyens humains et matériels. Pour les collectivités, la question est financière : qui prendra en charge l'enlèvement des nids, la prévention et la communication aux citoyens ?
À court terme, les proximités transfrontalières de la Moselle imposent aussi une vigilance renforcée : la circulation de l'espèce ne respecte pas les frontières administratives, et la coopération avec les régions voisines restera déterminante.
Les prochains rendez-vous attendus sont la définition d'un plan de financement départemental et la mise en place d'équipes opérationnelles coordonnées par Matec. Les apiculteurs et les mairies, eux, guettent des mesures concrètes pour protéger les colonies et limiter l'impact économique et écologique sur le territoire.