Un final ciselé au Festival de Nîmes
Au cœur des Arènes, la soirée de samedi a pris des allures de rendez-vous en clair-obscur. Après l’ouverture par Kiara puis un passage très électro signé Sébastien Tellier, Charlotte Cardin a refermé le programme avec un concert resserré, millimétré, où la voix a occupé tout l’espace. Comme l’écrivait le compte rendu initial,
« La Québécoise a livré un concert sobre et très maîtrisé », confirmant une direction artistique qui assume l’épure et la précision.
Tellier en éclaireur électronique
Avant le final, Sébastien Tellier a déroulé une heure de pop synthétique, enchaînant des titres clefs de son répertoire. Il a ouvert avec Sexual Sportswear, placé l’incontournable La Ritournelle en début de set, puis emmené le public vers des sommets plus pop avec Divine et Stunt. Une montée en puissance qui a préparé la scène à la bascule plus organique de la tête d’affiche.
La voix d’abord, la scène ensuite
Vêtue d’une silhouette blanche structurée, Charlotte Cardin a lancé la suite avec Take Me Back et The Way We Touch, annonçant la couleur de son prochain album. La scène, volontairement dégagée dans l’immensité des Arènes, a servi d’écrin à une voix grave et souple, parfaitement tenue, capable de changer de registre sans perdre en intensité. Des titres comme Passive Aggressive, Meaningless, Phoenix ou Main Girl ont dessiné une trajectoire entre pulsation pop et confidences feutrées.
Un duo au piano qui suspend le temps
Moment charnière de la soirée : le retour de Sébastien Tellier au piano pour partager L’Amour et la Violence avec la chanteuse. Le binôme, piano-voix, a ralenti l’allure et brisé la mécanique bien huilée du set, offrant une respiration rare avant de repartir vers une fin plus nerveuse.
Relance rythmique et clins d’œil
La dernière partie a réenclenché la dynamique avec 99 Nights, Jim Carrey et Sex to Me, avant un clin d’œil appuyé à la pop française avec la reprise de Voyage, voyage. Le rideau s’est refermé sur Tant pis pour elle, Confetti et Feel Good, bouclant un parcours qui a privilégié le contraste et la tenue vocale.
Repères de la soirée
- Ouverture électronique assurée par Tellier (environ 1 heure), final pop et intime de Charlotte Cardin.
- Un duo piano-voix sur L’Amour et la Violence comme pivot dramatique.
- Une setlist qui alterne nouveautés et titres déjà identifiés du répertoire de Cardin.
| Artiste | Moments forts |
|---|---|
| Sébastien Tellier | Ouverture avec Sexual Sportswear, passages par La Ritournelle, final avec Divine et Stunt |
| Charlotte Cardin | Entrée avec Take Me Back / The Way We Touch, pivot en duo sur L’Amour et la Violence, relance avec 99 Nights, conclusion sur Feel Good |
Dans l’écrin minéral des Arènes, cette soirée a rappelé ce que le Festival de Nîmes sait produire de mieux : un dialogue entre scénographie mesurée et performance vocale, avec, en prime, l’étincelle d’un duo inattendu qui marque les esprits.