Un partenariat formalisé autour de deux priorités
La préfecture de l’Oise, la gendarmerie départementale et la Fédération des chasseurs ont officialisé, le 30 juin, une convention destinée à structurer leur coopération. L’objectif affiché : renforcer à la fois la vigilance sur les atteintes aux milieux naturels et la protection des pratiquants lors des activités cynégétiques. Selon le communiqué préfectoral, ce cadre commun doit fluidifier les échanges d’informations et permettre des actions coordonnées sur le terrain.
« développer les échanges d’informations et les actions conjointes afin de mieux protéger les espaces naturels, de prévenir les atteintes à l’environnement et de renforcer la sécurité des chasseurs dans l’exercice de leur activité »
Concrètement, ce texte confie aux acteurs de terrain du monde cynégétique — chasseurs, gardes particuliers assermentés, piégeurs agréés et représentants de groupements d’intérêt cynégétique — un rôle de sentinelles sur l’état des espaces naturels et les comportements à risque. En retour, les forces de l’ordre s’engagent à mieux partager les alertes liées à l’activité de chasse et à sécuriser les interventions.
Qui alerte, sur quoi et comment ?
Le dispositif repose d’abord sur un réseau d’observation « privilégié » que constituent les usagers de la nature issus de la filière chasse. La convention prévoit qu’ils signalent à la gendarmerie toute infraction ou tout comportement portant atteinte à l’environnement observé en forêt ou en milieu naturel. Les signalements attendus couvrent un spectre large, depuis les dépôts illicites de déchets jusqu’aux faits de braconnage, en passant par toute dégradation des milieux.
- Atteintes à l’environnement : remontées systématiques des faits constatés (déchets sauvages, braconnage, autres dégradations des milieux naturels).
- Protection des chasseurs : échanges renforcés entre la fédération et la gendarmerie, informations partagées en cas d’incidents ou de menaces.
- Interventions ciblées : prise en charge par la gendarmerie des situations relevant des biens (dégradations, intrusions…), des personnes (agressions, menaces, atteintes à la réputation) et des accidents de chasse.
Cette montée en coordination s’inscrit dans un département à la fois marqué par une forte tradition de chasse et par des enjeux de conservation sensibles. La convention cherche donc à concilier présence humaine, préservation de la biodiversité et sécurité publique.
Des engagements précis côté gendarmerie
Au-delà de l’intervention en cas d’atteintes aux biens et aux personnes, la gendarmerie s’engage à informer et à alerter la Fédération des chasseurs sur tout événement en lien avec l’activité cynégétique : incidents, faits de délinquance ciblant des équipements ou acteurs de la filière, menaces ou tensions locales. Pour sécuriser l’identification lors des opérations de terrain, la convention prévoit d’inscrire les gardes particuliers, piégeurs agréés et chasseurs volontaires dans la base de données SIP, afin de faciliter la reconnaissance de leur statut par les patrouilles.
Ce point vise à réduire les ambiguïtés lors d’interventions conjointes ou simultanées, en rendant l’information immédiatement disponible pour les équipes engagées. À la clé : un gain de temps, une meilleure lisibilité des rôles et une diminution des risques lors de contrôles ou de mises en sécurité.
Des rôles clarifiés pour gagner en efficacité
La philosophie du texte est d’adosser l’action publique à des remontées de terrain nombreuses et précises. En donnant un cadre aux informations issues des zones de chasse, la préfecture entend mieux prioriser les interventions. La gendarmerie, de son côté, adapte son dispositif aux spécificités de la pratique et de la saisonnalité, avec une veille sur les conflits d’usage et les incidents susceptibles d’affecter la sécurité des personnes.
Pour les chasseurs et les gardes assermentés, la démarche offre un canal identifié pour alerter rapidement, tout en renforçant la reconnaissance de leur rôle dans la protection de l’environnement. La convention acte que ce maillage humain, déjà présent sur le terrain, peut servir de relais utile dans la lutte contre les dégradations et les comportements illicites.
Signataires et calendrier
| Signataires | Fonction |
|---|---|
| Jean-Marie Caillaud | Préfet de l’Oise |
| Guy Harlé d’Ophove | Président de la Fédération départementale des chasseurs de l’Oise |
| Général Christophe Berthelin | Commandant du groupement de gendarmerie de l’Oise |
| Date | Lieu |
| 30 juin | Préfecture de l’Oise |
La signature a eu lieu en préfecture le 30 juin et a été annoncée par communiqué le lendemain. Elle marque l’aboutissement d’échanges déjà engagés entre les parties pour cadrer les circuits d’alerte et les champs d’intervention prioritaires.
Enjeux locaux et perspectives
Dans l’Oise, où se côtoient forêts, plaines agricoles et zones périurbaines, la lutte contre les dépôts illicites et la prévention des comportements dangereux exigent un effort constant. Cette convention propose un outillage commun, qui ne crée pas de nouvelles infractions mais améliore la détection et la réponse aux incidents. Elle sera jugée à l’aune de sa capacité à accélérer les signalements et à réduire les situations à risque, notamment durant les périodes de chasse où la fréquentation des espaces naturels se diversifie.
Reste un point clé : la qualité des remontées et la confiance entre acteurs. Si les informations sont partagées avec constance, et si l’identification des intervenants est bien assurée via le fichier SIP, les patrouilles pourraient gagner en réactivité et en sécurité, au bénéfice des milieux naturels comme des usagers.