Un spectacle qui interroge l'histoire et la mémoire
Le Théâtre d'Orléans programme Cabaret Téhéran les jeudi 18 mars à 20h30, vendredi 19 mars à 19h30 et samedi 20 mars à 20h30 dans la salle Jean-Louis Barrault. Conçu, mis en scène et interprété par Gurshad Shaheman, ce seul-en-scène propose, dans la tradition du cabaret transformiste, la reconstitution d'une douzaine de figures emblématiques de la pop iranienne des années 1960-1970.
La musique populaire iranienne de cette période, rappelle la présentation du CDN, a été brutalement interrompue par l'arrivée au pouvoir des autorités religieuses en 1979 : les chanteuses se sont alors retrouvées « condamnées au silence ». Le spectacle tente de restituer, par la voix et le travestissement, ce qui a été effacé des mémoires officielles.
Scénographie, équipe et forme du spectacle
La proposition est composite : chansons cultes, fragments d'histoire et éléments autobiographiques s'entrelacent. La distribution technique et artistique mentionnée par le CDN inclut Guest Hominaz (sur scène), l'assistanat de mise en scène de Sarah Jahanbakhsh, la dramaturgie de Youness Anzane, une scénographie signée Mathieu Lorry-Dupuy, les lumières de Kevin Briard, la création sonore de Lucien Gaudion et les costumes de Jean-Biche assisté de Zoé Lachaud. La collaboration artistique implique Shady Nafar et le coaching vocal est assuré par Jean Fürst. La partie vidéo est confiée à Victor-Hadrien.
Entre chaque numéro, le texte raconte de courtes histoires restituant le destin des artistes évoquées, mêlées à des anecdotes personnelles et à des événements liés aux mouvements de lutte contre l'oppression religieuse, depuis les années 1920 jusqu'aux mobilisations récentes, dont le mouvement « Femme, Vie, Liberté » en 2023.
Pourquoi ce spectacle compte pour Orléans
Programmer Cabaret Téhéran au cœur d'Orléans participe d'une politique culturelle qui ne se contente pas d'offrir du divertissement : elle met à l'affiche des formes artistiques qui interrogent l'histoire, le genre et la mémoire. Pour le public local, c'est une occasion d'aborder, par la scène, des questions internationales et sociétales — liberté d'expression, droits des femmes, pluralité des identités sexuelles — à travers une forme hybride entre musique populaire et théâtre documentaire.
- Dates : 18, 19 et 20 mars — salle Jean-Louis Barrault, Théâtre d'Orléans.
- Artiste principal : Gurshad Shaheman (texte, mise en scène, interprétation).
- Thèmes : histoire de la pop iranienne, luttes féministes et queer, mémoire culturelle.
« Ce jeu de travestissement est un moyen de retracer l’histoire des luttes féministes et queer en Iran » — présentation du CDN d'Orléans
Au-delà de l'intérêt historique et politique, la forme cabaret-transformiste questionne aussi la représentation : en incarnant ces chanteuses, un homme sur scène sollicite la salle sur la place accordée aux corps et aux voix effacées par des décennies d'interdits.
Conséquences et cadre local
Pour les saisons culturelles du CDN d'Orléans, proposer un tel spectacle peut renforcer l'attractivité du théâtre auprès d'un public désireux d'« autre chose » que les grandes productions classiques. Cela ouvre aussi des possibles partenariats pédagogiques avec les établissements d'enseignement et les associations locales engagées sur les questions de droits humains et d'égalité, sans que ces pistes ne soient précisées dans la fiche de programmation. Enfin, la dimension musicale du spectacle peut toucher des amateurs de chanson et de patrimoine culturel qui ne fréquentent pas toujours le théâtre.
La billetterie et les informations pratiques sont accessibles via le site du CDN d'Orléans (www.cdn-orleans.com), qui détaille notamment les horaires et les modalités d'accès à la salle Jean-Louis Barrault.
En somme, Cabaret Téhéran est un rendez‑vous qui promet une soirée mêlant mémoire, esthétique et engagement, et qui trouve naturellement sa place dans l'offre culturelle orléanaise.