Le parquet de Paris saisit la cour d’appel sur trois dossiers
La décision de relaxe rendue mardi à l’encontre de David G., animateur périscolaire de 36 ans mis en cause dans le scandale à l’école maternelle Alphonse-Baudin (XIe), ne restera pas définitive. Le ministère public a annoncé, mercredi 8 juillet, avoir fait appel de la relaxe « sur les infractions pour lesquelles il avait requis la condamnation ». Le parquet réclamait lors du premier procès trois ans de prison, dont un ferme.
La relaxe avait provoqué une forte émotion : des familles étaient en larmes dans la salle d’audience. Le tribunal a considéré qu’il n’existait pas d’« éléments matériels suffisamment constitués » et que le doute bénéficiait au prévenu. L’affaire, au cœur d’un large retentissement médiatique, pose des questions vives sur la preuve et la parole des jeunes enfants.
- Portée de l’appel : il vise trois enfants sur les neuf entendus au procès de mai.
- Origine des accusations : des témoignages concordants d’enfants de 3 à 5 ans décrivant des attouchements.
- Absence d’éléments matériels : aucun adulte témoin direct ni preuve matérielle catégorique n’a été retenu par le tribunal.
Au départ, le dossier visait cinq mineurs poursuivis par le parquet ; quatre autres familles avaient porté plainte directement au civil. Le procès de mai était le premier public depuis l’éclatement du scandale dans le périscolaire parisien.
| Date | Événement |
|---|---|
| Septembre 2024 - avril 2025 | Faits allégués à l’école Alphonse-Baudin |
| Mai 2026 | Premier procès public ; relaxe prononcée |
| 8 juillet 2026 | Annonce de l’appel du parquet |
« Des variations dans le témoignage des enfants »
Cette phrase, reprise par le tribunal, a pesé dans la décision. Pour les parents et associations — notamment le collectif #MeTooEcole — la relaxe est un choc : Barka Zerouali, porte-parole du collectif, a dénoncé l’injustice et annoncé une conférence de presse devant l’école. Les familles réclament une réponse pénale claire et une meilleure protection des enfants dans les dispositifs périscolaires.
Concrètement, l’appel relance le dossier sur une partie des accusations. Il obligera la chambre d’appel à réexaminer les éléments de preuve et la méthodologie des auditions d’enfants. Pour les parents, c’est l’espoir d’une nouvelle reconnaissance judiciaire ; pour d’autres, cela interroge la difficulté à fonder des condamnations lorsque les preuves matérielles font défaut.
À Paris, l’affaire résonne au-delà de la seule école du XIe : elle remet sur la table la gestion des personnels périscolaires, la formation aux signes d’alerte et les procédures d’écoute des enfants. Tant que la procédure d’appel n’aura pas abouti, la décision de première instance continuera de nourrir débats et tensions dans les quartiers concernés.