Un alignement historique remplacé par un verger de substitutions
Les grands peupliers qui longeaient une résidence de l’avenue de l’Est à Pontoise ont été abattus cette semaine. La municipalité, qui avait annoncé l’opération portant initialement sur 46 arbres, indique désormais prévoir la plantation de 35 arbres en décembre, mais sur une pelouse communale voisine — et non à l’emplacement d’origine.
La décision repose, selon la mairie, sur des diagnostics sanitaires et des constats de contraintes d’emplacement. Les rapports évoqueraient des branches sèches, des feuillages clairsemés, une forte présence de gui et des racines comprimées par des sols compactés, des revêtements, des stationnements et des réseaux. Ces éléments conduiraient la collectivité à estimer le déclin de l’ensemble comme « irréversible » et à privilégier l’abattage plutôt que des interventions répétées pour des raisons de sécurité.
- Défaillance sanitaire et contraintes racinaires citées par la mairie.
- Replantation programmée : 35 arbres en décembre, sur espace communal.
- Contestation d'élus d'opposition qui regrettent la perte d'un îlot de fraîcheur et demandent la communication intégrale de l'étude phytosanitaire de 2024.
La municipalité a choisi de diversifier les essences prévues pour la nouvelle plantation afin d’éviter un alignement monospécifique semblable au précédent. Le plan annoncé détaille les variétés qui composeront ce nouveau petit bois urbain :
| Essence | Quantité |
|---|---|
| Arbres de Judée | 12 |
| Féviers | 12 |
| Érables pourpres | 11 |
Un aménagement complémentaire est prévu à l’automne 2027 : une haie fleurie de 260 mètres composée de 780 arbustes doit venir compléter l’ensemble. La municipalité insiste sur le fait que la pelouse communale offrira aux jeunes sujets de meilleures conditions de développement, avec des sols moins contraints et davantage d’espace racinaire que près des anciennes fondations et chaussées.
Plusieurs points restent toutefois sensibles. Le coût de l’abattage pris en charge par la Ville pour des arbres situés sur une propriété privée n’a pas été communiqué. Par ailleurs, des opposants municipaux contestent la nécessité de couper la totalité de l’alignement et regrettent la disparition d’un îlot de fraîcheur dans un quartier déjà marqué par l’imperméabilisation des sols.
La municipalité rappelle qu’un diagnostic phytosanitaire réalisé en 2024 a précédé la décision. Mais le contenu intégral de cette étude n’a pas été rendu public, ce qui alimente les demandes d’éclaircissements de la part d’habitants et d’élus d’opposition, soucieux de vérifier l’urgence et l’ampleur des risques évoqués.
Sur le terrain, les riverains observent déjà le paysage transformé : les hauts troncs qui structuraient l’avenue ont disparu et, faute d’arbres adultes, l’ombre se fait plus rare. La promesse de la municipalité est claire : replanter vite, mais ailleurs, et avec des essences diversifiées. Reste à attendre les plantations de décembre et la croissance effective des sujets pour juger du retour — ou non — d’un îlot de fraicheur et de biodiversité à proximité de l’avenue de l’Est.