Une petite chapelle au cœur de Quimper, une longue entreprise collective
En plein centre de Quimper, la chapelle du Saint‑Esprit, dite chapelle Laennec, avance au rythme des dimanches de bénévolat et des marchés de financement. Depuis 2013, l’association Les Ouvriers du Saint‑Esprit mène un chantier de restauration d’envergure sur cet édifice construit en 1737 et inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1999.
À la tête de la manœuvre, Jacques Pensec, président de l’association depuis sa création, reste moteur à 87 ans. Il pilote une équipe active d’une vingtaine de bénévoles, au sein d’une association qui compte près de 400 adhérents. L’ambition n’est pas seulement de réparer la pierre : l’association a aussi réinsufflé vie à la chapelle en y organisant concerts, conférences et expositions, une stratégie visant à la fois à rendre l’édifice sûr et à le réinscrire dans le quotidien quimpérois.
« Quand j’ai parlé d’une association pour la remettre en état, j’ai compris qu’il fallait que j’y aille. »
Les travaux suivent une logique partagée : les interventions lourdes (traitement du bois, maçonnerie, charpente, couverture) sont confiées à des entreprises locales sous la maîtrise d’œuvre d’un architecte du patrimoine, tandis que l’association assume le repérage des financements, certaines démolitions et le nettoyage intérieur. Ce modèle mixte permet de conjuguer expertise professionnelle et engagement local.
- Depuis 2013 : lancement de la restauration par l’association.
- Première tranche : réfection de la nef, aujourd’hui achevée.
- Prochaine étape : réfection du chœur et du transept, estimation de 230 000 €.
| Date | Phase | Coût estimé |
|---|---|---|
| 2013 | Lancement du chantier | — |
| Tranche 1 | Nef (réalisée) | 230 000 € (estimé) |
| Tranche 2 | Chœur et transept (à venir) | 230 000 € (estimé) |
Sur le plan partenarial, l’histoire locale a joué son rôle. C’est lors d’une étape du Tro‑Breiz que l’idée a émergé, et des rencontres avec Philippe Abjean et Pierre Alexandre, alors directeur de l’UDAP, ont été déterminantes pour structurer le projet. Les prochaines réunions de chantier, notamment celle programmée le 16 juillet, serviront à affiner les pistes de financement et la coordination des entreprises.
Pour Quimper, la sauvegarde de la chapelle dépasse le seul cadre des monuments : il s’agit de préserver un repère architectural dans le centre‑ville, de maintenir une offre culturelle et de soutenir un tissu associatif dynamique. Les dépenses prévues restent substantielles et l’association devra poursuivre sa quête de mécénat et d’aides publiques pour boucler la seconde tranche.
Ce chantier, mené par une poignée de bénévoles épaulés par des professionnels, illustre la manière dont le patrimoine local peut être entretenu au long cours, porté par la passion d’habitants attachés à l’âme des pierres et à la convivialité des lieux qu’ils habitent.