Une opération d’ampleur au petit matin
Au terme de trois mois d’investigations coordonnées par le parquet d’Amiens, les gendarmes ont procédé, lundi 29 juin, à l’interpellation de 15 personnes entre Poix-de-Picardie et Montdidier. Selon les éléments communiqués à ICI Picardie par le parquet, tous sont soupçonnés d’avoir participé à un trafic de stupéfiants opérant dans le sud de la Somme. Une mineure de 13 ans figurait parmi les personnes interpellées.
L’enquête, confiée à la brigade de recherches de Montdidier, met au jour une organisation au fonctionnement réglé, qui, d’après la justice, s’apparentait à une structure commerciale dédiée à la revente locale. L’approche méthodique des enquêteurs a permis de frapper simultanément plusieurs domiciles à l’aube, pour neutraliser le réseau et saisir ses moyens logistiques.
Une organisation structurée, dirigée depuis une prison
Les investigations ont établi que ce réseau était piloté depuis la maison d’arrêt de Laon (Aisne). L’homme présenté comme le pivot de cette organisation a été appréhendé à la maison d’arrêt d’Amiens, où il se trouvait afin de recevoir une décision de la cour d’assises d’Amiens. Les personnes interpellées sont, d’après le parquet, déjà connues de la justice pour des faits de consommation, de revente ou de violences.
« On a affaire à une véritable entreprise, avec des horaires d'ouverture fixes, du lundi au samedi, fermée le dimanche et le mercredi après-midi et bien sûr, pas de livraisons possibles sur ces horaires-là »
Cette description, rapportée par Audran Chevalier, substitut du procureur en charge des dossiers de criminalité organisée et de stupéfiants, éclaire le niveau de structuration du trafic. Des créneaux réguliers, une logistique dédiée et des véhicules identifiés pour les livraisons : autant d’éléments qui témoignent d’une activité rodée.
120 gendarmes mobilisés et des saisies chiffrées
Pour mener à bien cette opération, le groupement de gendarmerie de la Somme a engagé 120 militaires, avec des renforts venus de l’Oise et de l’Aisne. Les perquisitions ont donné lieu à des saisies importantes : produits stupéfiants, véhicules et avoirs financiers.
| Élément saisi / mobilisé | Quantité / Valeur |
|---|---|
| Cannabis | 5 kg |
| Cocaïne | 200 g |
| Véhicules utilisés pour les livraisons | 8 (estimés 6 000 à 8 000 € chacun) |
| Comptes bancaires saisis | équivalent de 145 000 € |
| Gendarmes mobilisés | 120 |
| Personnes interpellées | 15 (dont 1 mineure de 13 ans) |
À l’issue des arrestations, l’ensemble des suspects a été placé en garde à vue. Les quantités de stupéfiants et les montants financiers saisis confirment, selon l’autorité judiciaire, l’ampleur des profits dégagés par cette filière.
Des communes rurales confrontées à un trafic régulier
Entre vallons et villages du sud de la Somme, le maillage territorial du réseau desservait des secteurs où les allers-retours de véhicules restaient discrets, à distance des grands axes. Cette affaire rappelle que les petites communes, de Poix-de-Picardie à Montdidier, ne sont pas à l’écart des circuits de revente. Les gendarmes ont ciblé des points d’habitation identifiés par la surveillance et les recoupements opérés durant plusieurs semaines.
La présence d’une mineure parmi les personnes interpellées souligne aussi l’emprise sociale que peut exercer ce type d’organisation. Les enquêteurs pointent un fonctionnement pensé pour durer, avec des consignes à distance et des « horaires » laissant peu de place à l’improvisation.
Suite judiciaire et ancrage local
À ce stade, le parquet d’Amiens n’a pas communiqué sur d’éventuelles mises en examen ni sur les qualifications pénales qui pourraient être retenues. Les gardes à vue se poursuivent, avec l’objectif d’établir les responsabilités de chacun dans la chaîne d’approvisionnement, de stockage et de distribution.
- Interpellations réalisées le 29 juin au matin sur plusieurs communes du sud de la Somme.
- Réseau piloté depuis un établissement pénitentiaire, selon le parquet.
- Des saisies significatives qui documentent l’ampleur du trafic local.
Cette opération, menée avec des renforts départementaux voisins, s’inscrit dans un effort de longue haleine de la gendarmerie pour perturber les chaînes locales de revente. Elle laisse, dans ces paysages de bocages et de maisons en brique, l’idée que la vigilance des forces de l’ordre demeure soutenue, au plus près des communes où l’on pense, parfois à tort, être à l’abri de ces circuits.