Une loi nationale qui résonne dans l’île
La décision prise cette semaine au Parlement d’interdire l’ouverture de comptes sur les réseaux sociaux aux moins de 15 ans balaie la métropole jusque dans nos quartiers.
À La Réunion, où l’usage des applications comme TikTok, Instagram ou Snapchat est ancré chez les jeunes, l’annonce provoque un mélange d’acquiescements et de réserves. Le texte entrera en vigueur le 1er septembre 2026 pour les nouveaux comptes, puis le 1er janvier 2027 pour les comptes existants, selon les dispositions votées par les parlementaires.
Réactions sur le terrain
Dans les collèges et les lycées, parents et élèves s’expriment. Certains saluent la mesure comme un moyen de protéger les plus jeunes face aux risques en ligne : cyberharcèlement, contacts inconnus, mise en scène d’images. D’autres, notamment des lycéens, estiment que l’interdiction à 15 ans revient à infantiliser les adolescents de 16–18 ans.
- Parents : majorité favorable au recul de l’âge d’accès afin de limiter les risques.
- Lycéens : voix partagées, certains parlent d’une mesure trop contraignante pour des jeunes majeurs proches de la majorité.
- Personnel éducatif : soulève des questions pratiques sur l’application et le contrôle.
« une avancée majeure »
Cette formule, employée par le chef de l’État pour saluer la loi, résume le positionnement du gouvernement. Mais à La Réunion, l’opposition locale souligne les difficultés d’application d’une telle règle sur des plateformes mondiales et sur la gestion des comptes déjà existants.
Positions des députés réunionnais
Le vote des députés de l’île a été divergent, reflétant un clivage politique local. Quelques représentants ont approuvé le texte tandis que d’autres l’ont rejeté ou choisi l’abstention, rappelant les enjeux de droits et d’applicabilité :
| Député | Position |
|---|---|
| Frédéric Maillot | Pour |
| Emeline Carbidi | Contre |
| Jean-Hugues Ratenon | Contre |
| Perceval Gaillard | Contre |
| Karine Lebon | Abstention |
| Philippe Naillet | Abstention |
| Joseph Rivière | Non-participant |
Questions pratiques et perspectives
Sur le plan pratique, restent à préciser les mécanismes de vérification de l’âge et la coopération des plateformes étrangères. Des initiatives de prévention devraient être renforcées localement : ateliers numériques, sessions d’information pour parents et dispositifs scolaires. Les établissements devront aussi clarifier l’application des règles, notamment l’extension de l’interdiction du téléphone portable au lycée annoncée dans le texte.
À La Réunion, le débat ne s’arrête pas à la loi : il pose la question plus large de l’éducation numérique des jeunes et de la capacité des institutions locales à accompagner une transition réglementaire qui touchera familles et équipes éducatives.