Le signalement au préfet soulève de nouvelles questions autour du CCAS
Dans le paysage administratif de Saint‑André, le dossier du Centre communal d'action sociale (CCAS) prend une tournure institutionnelle. C'est l'élu d'opposition Jean‑Marie Virapoullé qui a franchi le pas : il a adressé un courrier au préfet de La Réunion, via le sous‑préfet de Saint‑Benoît, pour demander des vérifications sur la situation financière de l'établissement.
Les comptes 2025 du CCAS, révélés récemment, montrent un déficit de fonctionnement cumulé de 818 278,42 euros. Ce résultat intègre un report négatif de l'exercice précédent à hauteur de 105 518,48 euros, ce qui signifie que la dégradation nette pour 2025 dépasse les 712 000 euros.
Face à ces chiffres, l'élu estime que la situation est « suffisamment préoccupante » pour entraîner l'intervention des services de l'État. Il évoque, par ailleurs, une possible dette sociale de plus de 2 millions d'euros, et demande des contrôles pour éclaircir l'étendue réelle des engagements financiers du CCAS.
« Les éléments dont je dispose sur la situation du CCAS de Saint‑André sont suffisamment préoccupants pour que je saisisse les services de l'État. »
La saisine intervient dans un climat déjà tendu entre la mairie et ses détracteurs. L'opposition met en cause la gestion du maire‑président du CCAS, tandis que la municipalité renvoie la responsabilité vers d'autres acteurs. Le dossier porte notamment sur les dépenses de personnel, un poste que Jean‑Marie Virapoullé pointe comme susceptible d'expliquer une grande partie de la dérive financière.
Conséquences et procédures possibles
Concrètement, le signalement au préfet ouvre la voie à plusieurs types de vérifications : audits comptables, demandes d'éclaircissement des lignes budgétaires ou contrôles des engagements sociaux. Dans le droit administratif, un déficit important d'un CCAS peut mener l'État à demander des mesures correctives pour garantir la continuité des services sociaux rendus à la population.
À Saint‑André, où le CCAS est un acteur central des politiques sociales locales, les habitants suivent de près l'évolution du dossier. Les questions clés restent :
- Quelle part du déficit est structurelle et quelle part est exceptionnelle ?
- Les charges de personnel expliquent‑elles l'essentiel de la dérive ?
- La prétendue dette sociale de plus de 2 millions d'euros sera‑t‑elle confirmée par les services de l'État ?
Les prochaines étapes dépendront des suites données par la préfecture à la saisine : la demande de M. Virapoullé vise avant tout à obtenir des vérifications formelles, susceptibles d'engager des mesures de redressement ou des recommandations. En attendant, le CCAS continue de remplir ses missions quotidiennes, mais l'ombre d'un contrôle extérieur modifie déjà le débat politique local.
| Élément | Montant |
|---|---|
| Déficit de fonctionnement cumulé (compte 2025) | 818 278,42 € |
| Report négatif de l'exercice précédent | 105 518,48 € |
| Dégradation nette sur 2025 | ~712 000 € |
| Dette sociale évoquée | plus de 2 000 000 € (à confirmer) |
La préfecture n'a pas encore communiqué de réponse publique au signalement. Les Saint‑Andréens et les acteurs associatifs locaux attendent désormais que les vérifications apportent des éléments de transparence sur la santé financière du CCAS et sur les conséquences possibles pour les services sociaux municipaux.