Une sécheresse sans précédent frappe toutes les cultures du Bas‑Rhin
Face à une période de sécheresse et de vagues de chaleur successives, la FDSEA du Bas‑Rhin et les Jeunes Agriculteurs tirent la sonnette d'alarme : aucune culture n'est épargnée. Le constat formulé mardi 4 août par le président de la FDSEA reflète l'ampleur des dégâts observés sur le terrain, des grandes cultures aux vergers en passant par la vigne et le houblon.
« c'est historique »
Les cas concrets s'accumulent. Pour le houblon, culture emblématique en Alsace, les premiers bilans font état de pertes évaluées entre 30 % et 60 % dans le Bas‑Rhin. À Wingersheim, le producteur Sébastien Holtzmann témoigne d'une plante « malmenée » : les pieds n'atteignent plus les échafaudages et la floraison, en cours, est menacée par la chaleur, ce qui compromet la récolte à venir.
Du côté des grandes cultures, le maïs inquiète particulièrement les éleveurs. Les parcelles sont souvent chétives et les épis incomplets. À Zehnacker, l'éleveur François Paget indique avoir déjà perdu environ un tiers de sa production sur 40 hectares. Ce maïs, utilisé comme aliment de réserve pour les bovins, manque déjà et oblige certains éleveurs à rallonger la durée d'engraissement des bêtes.
Les prairies, quant à elles, sont décrites comme « rases » : l'herbe ne pousse plus depuis le 20 juin dans plusieurs secteurs, privant d'ores et déjà d'importantes quantités de fourrage. Dans des territoires peu dotés en irrigation, comme le Kochersberg, la situation est particulièrement critique.
Conséquences pour l'élevage et perspectives
Le manque de fourrage et la faiblesse de croissance des animaux traduisent des conséquences économiques immédiates pour les exploitations d'élevage. Les éleveurs doivent soit acheter du fourrage ailleurs, ce qui renchérit leurs coûts, soit conserver plus longtemps des animaux qui auraient dû être vendus, pesant sur la trésorerie.
- Houblon : pertes estimées entre 30–60 % dans le Bas‑Rhin.
- Maïs : exemple local d'une perte d'environ 33 % à Zehnacker.
- Prairies : herbe absente depuis le 20 juin dans plusieurs secteurs, réduisant les stocks de fourrage.
| Culture | Constat local |
|---|---|
| Houblon | Pertes 30–60 % (Bas‑Rhin) |
| Maïs | Perte ~1/3 sur l'exploitation citée |
| Prairies | Herbe absente depuis le 20 juin dans plusieurs secteurs |
La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs insistent sur le caractère généralisé du phénomène : les dégâts ne sont pas limités à une filière et touchent à la fois la production et la capacité d'alimentation du cheptel. Les disparités existent toutefois selon les parcelles et les systèmes d'irrigation. Là où l'irrigation est quasi inexistante, les cultures souffrent davantage.
À court terme, les exploitants cherchent des solutions pragmatiques : achats de fourrage, recherches de parcelles mieux alimentées en eau, ou ajustement des campagnes de vente d'animaux. À moyen terme, la question des investissements dans l'irrigation et des adaptations variétales reviendra inévitablement sur la table dans les réunions professionnelles et politiques départementales.
Dans les prochaines semaines, le calendrier météorologique sera déterminant pour la suite des récoltes. Sans pluies significatives, les pertes pourraient encore s'aggraver, notamment pour les cultures en pleine floraison comme le houblon.
Pour les agriculteurs du Bas‑Rhin, l'heure est à la gestion de crise et à la préparation d'un bilan qui servira aussi d'appui aux demandes d'accompagnement et d'indemnisation éventuelle auprès des autorités compétentes.