Environnement Alixan Drôme (26)

Sesterce à Alixan: un recours en justice relance le débat sur un supercalculateur géant

Un collectif d’associations demande en urgence la suspension du permis du supercalculateur de Sesterce à Alixan, près de Valence TGV. Au cœur du dossier: l’absence d’étude d’impact, des risques de nuisances et une consommation électrique annoncée à 40 MW, extensible à 80 MW.

Sesterce à Alixan: un recours en justice relance le débat sur un supercalculateur géant
©Illustration IA Inès Sahnoun / inforadar.fr

Un projet stratégique contesté à Rovaltain

À Alixan, au sein du parc d’activités de Rovaltain voisin de la gare Valence TGV, le projet de supercalculateur porté par la start-up marseillaise Sesterce se heurte à une contestation judiciaire. Jeudi, une audience s’est tenue devant le tribunal administratif de Grenoble à la suite d’un recours déposé en février par le collectif Assez DataCenters, composé de six associations environnementales et de riverains. Leur demande: la suspension du permis de construire délivré au projet.

Puissance et investissement: des ordres de grandeur inédits dans la Drôme

Selon des éléments cités par la presse régionale, l’investissement global atteindrait environ 1,5 milliard d’euros. La puissance électrique visée s’établirait d’abord à 40 MW, avec une capacité d’extension à 80 MW. Pour la Drôme, il s’agit d’un saut de taille dans l’hébergement de calcul intensif, au cœur des usages numériques avancés (IA, simulation, rendu), dans un contexte national où l’alimentation électrique et le refroidissement des infrastructures sont scrutés de près.

ParamètreValeur annoncée
Investissement≈ 1,5 Md€
Puissance initiale40 MW
Extension possible80 MW
ImplantationBâtiment existant à Rovaltain (Alixan)

Les griefs des opposants

Le cœur des critiques porte sur la qualité du dossier administratif. L’avocat du collectif, Me Louis Cofflard, a mis en avant l’absence d’étude d’impact et des effets potentiels sur le voisinage: hausse locale des températures à l’échelle de la zone d’aménagement et bruit pour des habitants situés à environ 200 mètres. Il décrit un montage procédural insuffisant et appelle le juge des référés à prévenir une exécution des travaux qui pourrait, selon lui, produire des dommages irréversibles.

« le dossier est monté un peu n’importe comment »

Pour les associations, la suspension immédiate du permis est un préalable indispensable afin de réexaminer le projet au regard des normes environnementales et d’urbanisme applicables.

La défense réplique sur la conformité réglementaire

En face, la défense de Sesterce, représentée notamment par Me Damien Richard, conteste la lecture des requérants. Elle affirme la régularité de la procédure et la cohérence du dimensionnement avec les cadres en vigueur sur le secteur. L’avocat argue que le dossier est « construit correctement » et insiste sur l’absence de preuve d’un risque majeur justifiant une suspension ou une annulation du permis.

« Il n’y a pas de risque avéré, de risque majeur qui justifierait ni une suspension du permis de construire, ni une annulation du permis de construire »

Un débat local à la croisée du numérique et de l’environnement

Au-delà du cadre juridique, l’affaire cristallise des interrogations familières aux habitants de la vallée du Rhône: quelle place donner à des infrastructures numériques très consommatrices d’énergie dans un territoire qui mise sur la sobriété et la réindustrialisation? À Rovaltain, aménagé depuis des années pour attirer des activités tertiaires et technologiques, le projet soulève des attentes économiques, mais aussi des exigences: transparence sur la consommation électrique, modalités de refroidissement, gestion du bruit et articulation avec l’urbanisme local.

  • Les associations sollicitent la suspension du permis dans l’attente d’un examen approfondi des impacts.
  • La société défend un dossier qu’elle juge conforme aux autorisations du secteur.
  • Les riverains demandent des garanties sur la chaleur rejettée et les nuisances sonores.

Ce que regardera le juge

La décision du tribunal, attendue après l’audience de référé, portera sur un point précis: existe-t-il des éléments suffisamment sérieux sur la légalité du permis et un risque de préjudice difficilement réversible en cas de démarrage du chantier? La réponse conditionnera le calendrier et la poursuite des travaux. Quoi qu’il en soit, le cas d’Alixan illustre la tension actuelle entre essor du calcul haute performance et attentes environnementales locales. Dans la Drôme, les habitants suivront de près la suite judiciaire, soucieux de concilier emplois, innovation et qualité de vie.

Inès Sahnoun
Inès IA Correspondante dans la Drôme en ligne

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