Un courrier qui déclenche une mobilisation
Le 28 août, à quelques jours de la rentrée, deux enseignantes du lycée Maurice‑Utrillo de Stains ont reçu du rectorat de Créteil un courrier indiquant qu’une mutation « dans l’intérêt du service » était envisagée à leur encontre. Les deux professeures, militantes de la CGT, avaient alerté depuis plusieurs années sur des faits graves visant des élèves. La notification a été perçue par une large partie du personnel comme un acte d’intimidation et a provoqué une journée de grève.
- Près de 70 personnels se sont mis en grève le 3 septembre pour soutenir leurs collègues.
- Un rassemblement a réuni environ 200 personnes dans la matinée.
- Les enseignantes concernées effectuent leur 26e et 22e rentrée scolaire au lycée.
Des lanceuses d’alerte mises en cause pour avoir parlé
Selon le récit des personnels et des organisations syndicales, ces deux enseignantes avaient, à plusieurs reprises et par des voies officielles, signalé des comportements relevant de violences sexistes et sexuelles et de discriminations racistes commis par un membre du personnel envers des élèves. Une enquête administrative avait été ouverte en avril dernier. Pour les syndicats, la démarche rectorale s’apparente à une procédure visant à faire taire celles qui ont alerté.
« On est déstabilisées, et on déstabilise nos élèves aussi », confient les deux enseignantes.
Des zones d’ombre autour de l’enquête
Les syndicats dénoncent les méthodes employées durant l’enquête : questions jugées orientées, refus d’entendre certains élèves et parents, et pressions exercées sur des représentant·es syndicaux·ales lors des auditions. Ces éléments nourrissent l’inquiétude sur l’impartialité de la procédure et sur le sort réservé aux victimes et aux témoins au sein de l’établissement.
| Élément | Chiffres/infos |
|---|---|
| Grévistes | ~70 personnels |
| Participants au rassemblement | ~200 personnes |
| Ancienneté des enseignantes | 26 ans et 22 ans |
Conséquences locales et enjeux
La mobilisation dépasse le cas individuel : elle interroge la confiance entre la communauté éducative et l’institution dans un établissement déjà marqué par une année difficile. Les personnels redoutent que la mutation envisagée finisse par isoler les victimes potentielles et dissuade d’autres témoins de signaler des faits. Pour les élèves, l’absence de stabilité et la crainte de voir leurs interlocutrices partir peuvent peser sur le climat scolaire et la prise en charge des situations sensibles.
Les organisations syndicales demandent des éclaircissements au rectorat et appellent à la reconduction de la grève jusqu’à l’obtention de garanties sur la protection des lanceuses d’alerte et sur la transparence de l’enquête. La mairie et les associations locales suivent la situation, soucieuses de préserver la sécurité des élèves et la sérénité des équipes pédagogiques.
Dans les jours à venir, les parents et les habitants de Stains seront attentifs aux suites que donnera l’administration à cette affaire : maintien des enseignantes dans l’établissement, suite de l’enquête administrative, et mesures prises pour protéger les élèves signalés comme victimes. La tension montre combien la gestion interne d’un lycée peut rapidement devenir un enjeu municipal et social.