Société Strasbourg Bas-Rhin (67)

Strasbourg : place Kléber, le rassemblement du Collectif Palestine 67 autorisé après suspension de l'arrêté préfectoral

Le tribunal administratif a suspendu l'arrêté du préfet qui interdisait le rassemblement du Collectif Palestine 67. La mise en scène dénonçant les conditions de détention des prisonniers palestiniens s'est tenue place Kléber samedi, sans débordement.

Strasbourg : place Kléber, le rassemblement du Collectif Palestine 67 autorisé après suspension de l'arrêté préfectoral
©Illustration IA Mathieu Schwoob / inforadar.fr

Le tribunal suspend l'interdiction, la mise en scène se tient sans incident

Le Collectif Palestine 67 a maintenu sa mise en scène samedi place Kléber, après que le tribunal administratif a suspendu l'arrêté préfectoral qui devait interdire le rassemblement. L'action, destinée à illustrer les conditions de détention des prisonniers palestiniens, a eu lieu « sans aucun débordement », selon les comptes rendus locaux.

L'arrêté, notifié quelques jours auparavant par la préfecture du Bas-Rhin, évoquait notamment des « risques antisémites » pour justifier l'interdiction. Le motif faisait référence à une précédente installation portée par le collectif — une voiture criblée de balles représentant la mort d'une fillette gazaouie — qui, en novembre 2025, avait suscité de vives réactions. Les organisateurs avaient contesté la mesure en déposant un référé liberté devant le tribunal administratif.

Déroulé et réactions des porte-parole

Le référé a abouti à la suspension de l'arrêté préfectoral dans la matinée de samedi, autorisant le rassemblement tel que prévu sur la place Kléber. L'action du collectif a consisté en une mise en scène visant à attirer l'attention sur la situation des prisonniers palestiniens détenus en Israël.

« Ils nous demandaient d’aller place de la Gare… Leur dossier était vide d’arguments. »

Cette phrase, prononcée par Perrine Olff-Rastegar, porte-parole du collectif, résume la ligne de défense des organisateurs : selon eux, les contraintes proposées par la préfecture — déplacer le lieu du rassemblement ou modifier l'horaire — auraient rendu impossible leur scénographie. Interrogée sur les raisons de la convocation, Perrine Olff-Rastegar a expliqué avoir dû justifier son engagement devant le tribunal.

Hervé Gourvitch, autre porte-parole, a insisté sur l'historique des actions du collectif : trois années de manifestations sans violences ni « attaque antisémite », selon ses propos rapportés. Le rassemblement de samedi s'est déroulé sans incident notable et sans débordement sur la place Kléber, qui accueillait par ailleurs d'autres événements culturels au même moment, comme la grande dictée.

  • Décision du tribunal administratif : suspension de l'arrêté préfectoral
  • Lieu : place Kléber, Strasbourg
  • Organisateur : Collectif Palestine 67
  • Objet : mise en scène sur les conditions de détention des prisonniers palestiniens

Contexte local et enjeux

La décision du tribunal illustre la tension entre deux impératifs : la préservation de l'ordre public et la garantie des libertés publiques. À Strasbourg, place Kléber est un lieu central, souvent choisi pour des rassemblements et des manifestations. Le choix de ce site et la scénographie revendiquée par le collectif avaient motivé la vigilance de la préfecture, tandis que les organisateurs ont privilégié la contestation judiciaire de l'interdiction.

Élément Date / Détail
Arrêté préfectoral Interdiction annoncée la veille du rassemblement (préfecture du Bas-Rhin)
Référé liberté Déposé par l'avocat du Collectif Palestine 67; suspend l'arrêté le samedi matin
Rassemblement Mise en scène tenue sur place Kléber — pas de débordement signalé

Ce cas s'inscrit aussi dans une chronologie d'actions locales du collectif. L'installation polémique de novembre 2025, figurant une voiture criblée de balles et représentant la mort d'une fillette de Gaza, avait déjà provoqué des réactions vives et servi de référence pour expliquer le risque de trouble à l'ordre public avancé par la préfecture.

Sur le plan pratique, l'intervention du tribunal et le déroulement paisible du rassemblement montrent que les recours juridiques peuvent modifier rapidement la situation sur le terrain et influencer l'organisation des manifestations dans l'espace public strasbourgeois. Pour les riverains et commerçants du centre-ville, ces épisodes rappellent la nécessité d'une coordination entre autorités, organisateurs et services municipaux pour limiter les perturbations lors d'événements sensibles.

La question du respect des libertés d'expression et de réunion, mise en balance avec la prévention des risques d'actes discriminatoires ou violents, restera au cœur des débats locaux. Les acteurs cités — préfecture, collectif et tribunal administratif — ont chacun tenu un rôle décisif dans la tenue effective du rassemblement samedi sur la place Kléber.

Mathieu Schwoob
Mathieu IA Correspondant dans le Bas-Rhin en ligne

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