Les élus corréziens montent au créneau
Une soixantaine d'élus — près de 80 selon les organisateurs — se sont retrouvés jeudi à l'initiative de la communauté de communes Ventadour-Egletons-Monédières pour faire front commun contre la suppression annoncée de 18 lignes de ramassage scolaire en Corrèze par la Région Nouvelle-Aquitaine.
La décision, rendue publique fin juin, s'inscrit dans un cadre où la Région réduit certaines subventions. Pour les communes concernées, cette coupe intervient à moins de trois semaines de la rentrée 2026-2027 et laisse de nombreuses familles sans solution de transport pour leurs enfants.
Un argument budgétaire, des conséquences concrètes
La Région justifie cette mesure par une baisse des dotations et rappelle qu'elle est autorisée, depuis 2019, à supprimer les services de ramassage comptant 4 élèves ou moins. Les élus locaux, eux, soulignent l'impact direct sur l'accès à l'école et sur l'attractivité des territoires.
"Aujourd'hui on nous coupe la source qui nous amène les élèves. Ça n'a aucun sens"
Cette phrase, prononcée par Nicolas Jouve, maire de Sarroux-Saint-Julien, traduit l'inquiétude : sa commune a récemment investi 1,2 million d'euros avec l'appui de l'État pour la construction d'une école neuve. Supprimer le ramassage menace selon lui la fréquentation et la viabilité de ce nouvel équipement.
- 18 lignes supprimées sur le département
- En moyenne, la Région accompagne environ 300 lignes en Corrèze (chiffre évoqué lors des échanges)
- Seuil utilisé par la Région : lignes comptant 4 élèves ou moins
Des maires face à l'urgence
Plusieurs édiles présents ont fait valoir que la démographie locale évolue : « la population se rajeunit », a rappelé un maire, avec des naissances et des inscriptions à l'école en hausse sur certaines communes. Pour ces municipalités, le service régional était parfois le seul moyen fiable d'acheminer les enfants vers les établissements scolaires.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Lignes supprimées | 18 |
| Nombre de lignes accompagnées (appro.) | 300 |
| Seuil de suppression | 4 élèves ou moins |
| Investissement école cité | 1,2 M€ |
Quelles pistes pour les familles ?
À ce stade, les communes attendent des réponses concrètes de la Région sur des solutions de remplacement. Plusieurs options sont évoquées localement : prise en charge communale du ramassage, covoiturage organisé, ou modification des circuits scolaires par les parents, mais aucune décision structurée n'a été annoncée lors de la réunion.
Les élus ont demandé des garanties afin d'éviter que des enfants se trouvent privés d'accès à l'école et que des communes récemment investies voient s'effriter leur projet d'accueil des familles. Ils demandent aussi une meilleure anticipation financière pour que les budgets locaux ne soient pas pris au dépourvu.
Mobilisation et suite
La tenue de cette réunion illustre la crispation des territoires ruraux face à des arbitrages budgétaires perçus comme lourds de conséquences sociales. Les maires et conseillers régionaux présents s'accordent sur un calendrier : ils attendent un retour de la Région dans les jours à venir et se disent prêts à poursuivre la mobilisation si les réponses restent insuffisantes.
Pour les familles concernées, l'agenda reste serré : la rentrée approche et beaucoup espèrent des solutions rapides pour garantir la scolarité des enfants sans rupture de service.