Un final alsacien sous haute tension
Ce samedi, la 14e étape du Tour de France s’élance de Mulhouse pour rejoindre le Markstein-Fellering. Au cœur du dispositif, une nouveauté taille patron: l’ascension du col du Haag, désormais bitumée et en partie transformée en voie verte, s’invite comme juge de paix d’une journée courte mais nerveuse dans les Vosges. Le menu annonce la couleur: 155 km et 3 800 m de dénivelé positif, quatre cols, dont trois de première catégorie.
Une voie forestière devenue piège à leaders
Longtemps simple chemin défoncé en lisière du Grand Ballon, le Haag a changé de peau: sa montée, classée en première catégorie, affiche 11,2 km à 7,3 % de moyenne. Mais la géométrie du tracé, irrégulière à souhait, en fait un col trompeur, comparable – en plus court – à la redoutée Loze alpine. Les six derniers kilomètres, posés sur une voie interdite au trafic motorisé, concentrent les cassures de pente et un final à deux chiffres qui peut dynamiter le classement.
« C’est très irrégulier. Il y a trois parties où il y a des pentes très dures (...). Et le dernier kilomètre est extrêmement raide. On arrive facilement à 12-13% par moments. La dernière rampe est un vrai tremplin pour faire des écarts »
Le traceur du Tour, Thierry Gouvenou, prévient: « Cette étape est, à mon avis, réservée aux leaders ». Au sommet du Haag, il restera 5 km de faux plat pour filer vers une ligne peinte à 1 192 m d’altitude. Les projecteurs s’orientent naturellement vers Tadej Pogacar, attendu au rendez-vous d’un terrain qui lui sied.
Le scénario vosgien: compact, sans répit
Dès les premières rampes, le peloton bascule dans la haute montagne. Le Grand Ballon ouvre le bal – 21,5 km à 4,8 % – avec un premier passage sur la ligne après 45 km, avant une boucle de 110 km par les vallées. Suivent le col du Page (9,8 km à 4,7 %) et le Ballon d’Alsace (8,9 km à 6,9 %), déjà gravi la veille. Le Haag surgit enfin comme rampe stratégique, apte à écrémer les derniers équipiers et à isoler les favoris.
| Ascension | Longueur | Pente moy. | Cat. |
|---|---|---|---|
| Grand Ballon | 21,5 km | 4,8 % | 1re |
| Col du Page | 9,8 km | 4,7 % | — |
| Ballon d’Alsace | 8,9 km | 6,9 % | 1re |
| Col du Haag | 11,2 km | 7,3 % | 1re |
Un théâtre naturel entre crêtes et forêts
Dans les forêts suspendues au-dessus de la vallée de la Thur, la route alterne passages couverts et clairières, jusqu’au verrou final du Haag. La physionomie du col – trois ressauts marqués, un dernier kilomètre à 12-13 % par endroits – offre un terrain idéal pour les démarrages secs et les écarts express, avant l’enchaînement vers le plateau du Markstein.
Ce qui change tout
- Le revêtement récent et la voie verte sur les six derniers kilomètres créent un col rapide mais piégeux.
- Le profil irrégulier favorise les puncheurs-grimpeurs capables d’accélérer en dents de scie.
- Les cinq kilomètres plats après le sommet peuvent relancer un petit groupe… ou sceller une échappée royale.
Entre Mulhouse, le Markstein et les crêtes vosgiennes, cette étape compacte concentre l’essence du massif: exigeante, imprévisible, spectaculaire. Il faudra des jambes de leader pour dompter le col du Haag et faire la décision avant l’altitude finale.