Un document exceptionnel sort de l'ombre à Montélimar
Dans les magasins des archives municipales et communautaires de Montélimar repose un document peu commun : une charte rédigée en 1535 qui, une fois déroulée, atteint la longueur impressionnante de 13 mètres. La Ville l'a révélée au public fin juillet et proposera de la présenter lors d'une visite guidée programmée le 12 août 2026.
Ce parchemin n'est pas un simple acte administratif. Il formalise un arrêt intervenu entre les consuls de Montélimar et le procureur représentant les trois ordres — clergé, noblesse et tiers état — et consacre l'exemption des habitants d'une imposition delphinale, un privilège majeur à l'époque. Contrairement à de nombreux actes du XVIe siècle, le texte est rédigé en français, ce qui facilite sa lecture par le public contemporain.
« Soit l’équivalent d’un tiers du couloir des locaux des archives ! »
Le parchemin est constitué de 21 peaux assemblées, chaque partie étant scellée par des caches en cire rouge portant un blason. À son extrémité figure le grand sceau équestre du roi François Ier, garantissant l'authenticité de l'acte à la manière d'une signature royale.
- Date : 1535
- Longueur : 13 mètres
- Composition : 21 peaux assemblées
- Sceau : grand sceau équestre de François Ier
- Visite publique : 12 août 2026 (archives municipales)
Conserver un tel artefact exige des conditions strictes afin d'éviter toute détérioration : température et hygrométrie contrôlées, manipulation soigneuse et stockage enroulé depuis des siècles. Les archives de Montélimar ont maintenu ce geste conservatoire, préservant un témoin matériel de l'histoire municipale et des rapports entre la cité et le pouvoir royal.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Année | 1535 |
| Longueur | 13 m |
| Nombre de peaux | 21 |
| Sceau | François Ier (cire rouge) |
Au-delà de l'objet lui-même, cette charte éclaire les pratiques politiques et fiscales de la Renaissance locale : l'octroi d'exemptions, la formalisation des droits urbains et le rôle des consuls dans la gouvernance municipale. Pour les habitants et les curieux, c'est aussi l'occasion de mesurer la continuité du lien entre Montélimar et son passé.
Les services des archives invitent toute personne souhaitant participer à la visite du 12 août à se renseigner auprès de la mairie pour connaître les modalités pratiques et les créneaux disponibles. La découverte de ce parchemin offre un rare moment de contact direct avec un pan de l'histoire locale, conservé jusque-là dans l'intimité des collections.