Une peine de 15 ans pour le coup qui a coûté la vie à un adolescent
La cour d'assises de la Drôme a rendu, vendredi 18 septembre, son jugement dans l'affaire du décès de Zakaria, un adolescent de 15 ans mort après avoir reçu un coup de couteau à Romans-sur-Isère en avril 2024. L'auteur du coup mortel, Adel Gourini, a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle.
Les magistrats ont retenu la gravité du geste lors d'une rixe survenue dans le quartier de La Monnaie. Selon le parquet, la présence des membres de la famille Gourini ce soir-là n'était pas fortuite : ils étaient venus pour retrouver un collégien accusé par la famille d'être un harceleur, ce que le procès a qualifié d'"expédition punitive".
Des peines également prononcées contre des proches
Outre la condamnation d'Adel Gourini, deux autres membres de la famille ont été sanctionnés par la cour : le père, Boutaleb Gourini, écope de deux ans de prison pour complicité de violences volontaires, et le beau-frère est condamné à six mois ferme pour complicité dans la fuite des accusés.
"Zakaria a été sacrifié sur l'autel de la vengeance"
Lors des débats, l'avocat général a plaidé pour une peine plus lourde — il avait requis 25 ans — en insistant sur l'intentionnalité et la violence du coup, qui, selon ses termes, "a transpercé le corps de Zakaria". La cour a néanmoins retenu une peine de 15 ans pour l'auteur du geste fatal.
- Date des faits : 9 avril 2024
- Lieu : quartier de La Monnaie, Romans-sur-Isère
- Victime : un adolescent de 15 ans, nommé Zakaria
- Condamnations : Adel Gourini 15 ans ; Boutaleb Gourini 2 ans ; beau-frère 6 mois
Les faits sont survenus après la diffusion, deux semaines auparavant, d'une vidéo montrant une altercation entre collégiens. Selon l'accusation, Zakaria, qui n'était pas impliqué initialement dans cette querelle, a tenté de séparer les adolescents lorsque le couteau a été porté.
| Personne | Lien | Peine |
|---|---|---|
| Adel Gourini | Auteur du coup | 15 ans |
| Boutaleb Gourini | Père | 2 ans |
| Beau-frère | Complice dans la fuite | 6 mois |
Ce procès a mis en lumière une escalade de violences liées à des accusations de harcèlement entre collégiens, transformées, selon le parquet, en action collective d'une famille. Les parties civiles avaient souligné le caractère irréprochable de la victime, décrit par les témoins comme un jeune apprenti apprécié.
Pour les habitants du quartier, cette affaire reste un traumatisme. Plusieurs témoins et proches de la victime avaient pris la parole pendant les audiences pour rappeler la vie et les projets de ce jeune, tandis que d'autres ont exprimé leur demande de réparation et de sécurité renforcée pour les collégiens.
La décision de la cour clôt une étape judiciaire importante, mais elle relance aussi le débat local sur la prévention du harcèlement scolaire et la façon dont les différends entre familles peuvent dégénérer. Les autorités locales et éducatives du bassin romanais seront attendues sur des mesures concrètes pour protéger les mineurs et prévenir de tels drames.