La mémoire retrouvée d’un lieu longtemps silencieux
À Mareuil-sur-Lay-Dissais, une simple enveloppe arrivée des Pays-Bas a suffi pour relancer un travail de recherche sur le camp de Lavert, un site d’internement de la Seconde Guerre mondiale qui semblait s’être effacé de la mémoire locale depuis plus de 80 ans.
Pendant des décennies, n’étaient restées que quelques archives éparses et le souvenir ténu de quelques habitants. Puis la lettre étrangère est tombée entre les mains de l’Association culturelle du Pays Mareuillais (ACPM), qui a engagé, depuis plus d’un an, une enquête documentaire et de terrain pour documenter et comprendre ce chapitre oublié de l’histoire du canton.
« Il faut parfois une simple lettre pour faire émerger une histoire que l’on croyait perdue. »
Sur le terrain, les indices sont rares. La dernière grange encore visible rappelle la présence du camp sur ce lieu aujourd’hui rural : murs, fondations et quelques vestiges paysagers constituent autant de traces muettes qu’il faut interpréter avec rigueur. Les membres de l’ACPM, soutenus par des témoignages locaux et des recherches d’archives, s’attachent à restituer la chronologie, les conditions de vie et l’organisation du site.
Pourquoi cette redécouverte importe à la Vendée
La réapparition de ce dossier pose plusieurs enjeux pour la commune et le territoire :
- Mémoire : rendre visibles les victimes et les internés, rétablir des récits individuels effacés.
- Patrimoine : protéger et inventorier les vestiges matériels du site avant qu’ils ne disparaissent.
- Éducation : permettre aux écoles et aux associations locales d’aborder ce chapitre de l’histoire régionale.
À Mareuil-sur-Lay-Dissais, plusieurs habitants ont déjà commencé à fouiller leurs souvenirs et leurs tiroirs : photographies, lettres, documents administratifs ou récits familiaux pourraient venir enrichir le dossier. Les archivistes et chercheurs locaux indiquent que la coopération transfrontalière — en l’occurrence avec les Pays-Bas — est souvent décisive pour reconstituer des parcours dispersés par les conflits et les déplacements.
Quelles suites possibles ?
Le travail engagé par l’ACPM devrait déboucher sur des actions concrètes : signalement du site, numérisation d’archives, organisation de rencontres publiques et, éventuellement, la pose d’une signalétique ou d’une plaque commémorative. Les associations locales réfléchissent aussi à des partenariats avec les établissements scolaires pour que cette histoire intégrée au territoire soit transmise aux jeunes générations.
| Élément | Situation connue |
|---|---|
| Lieu | Mareuil-sur-Lay-Dissais (camp de Lavert) |
| Vestige visible | Dernière grange encore présente |
| Durée de l’oubli | Plus de 80 ans |
Pour l’heure, la lettre venue des Pays-Bas a surtout eu l’effet d’un révélateur : elle oblige à regarder autrement ce coin du bocage vendéen, à écouter les récits de famille et à rassembler les pièces d’un passé fragmenté. À Mareuil, la petite équipe de chercheurs bénévoles avance pas à pas, conscients que la mémoire locale se reconstruit lentement, à partir de gestes simples — classer, partager, expliquer — mais essentiels.
La communauté locale pourra suivre les prochaines étapes via les réunions publiques et les publications de l’ACPM ; d’ores et déjà, l’appel à témoignages est lancé pour tous ceux qui possèdent des documents ou des souvenirs relatifs au camp de Lavert.