Une audience décisive pour un projet stratégique près de Valence
À quelques kilomètres de Valence, le projet de supercalculateur prévu à Alixan, dans l’agglomération Valence-Romans, se heurte à une étape clé. Le tribunal administratif de Grenoble examine ce jeudi 2 juillet un référé-suspension déposé par le collectif Assez Datacenter (Assez-DC) et des riverains. L’installation, dédiée au développement de l’intelligence artificielle, doit s’implanter dans le parc d’activité de Rovaltain, tout près de la gare Valence-TGV.
La justice mettra-t-elle un coup d’arrêt au futur supercalculateur, dédié au développement de l’intelligence artificielle, sur le point d’être construit à Alixan, dans l’agglomération de Valence-Romans (Drôme) ?
Le référé vise à suspendre les travaux dans l’attente d’un jugement sur le fond. Celui-ci a été introduit le 18 février contre le permis de construire délivré par la commune d’Alixan à la société Sesterce, basée à Marseille. L’avocat du collectif, Me Louis Cofflard, porte la procédure.
Un front associatif et des riverains mobilisés
Le collectif Assez-DC réunit six associations locales, dont les Amis de la Terre, les Soulèvements de la Terre et Attac, ainsi que quatre habitants d’Alixan. Leur démarche s’inscrit dans une contestation plus large des centres de données en France, alors que l’exécutif affiche l’ambition de faire du pays un acteur de premier plan dans ce secteur.
À Valence et dans ses alentours, le débat recoupe des préoccupations concrètes d’aménagement et d’environnement : implantation au sein d’un pôle d’activités connecté au rail à grande vitesse, articulation avec la vie des quartiers et des communes voisines, et interrogations des habitants sur l’évolution du territoire. Sans se substituer au débat technique qui aura lieu en justice, l’audience du jour cristallise ces attentes.
Ce que la justice examine aujourd’hui
- La demande de référé-suspension du collectif Assez-DC et de quatre riverains.
- La validité, à ce stade, du permis de construire accordé par la commune d’Alixan à Sesterce.
- La situation d’urgence et l’intérêt à agir des requérants, en attendant que le tribunal statue sur le fond.
La décision en référé pourrait geler le chantier le temps que le tribunal se prononce sur la légalité du permis. À l’inverse, un rejet permettrait au porteur de projet de poursuivre les étapes nécessaires à l’implantation du site.
Un dossier qui dépasse le seul Rovaltain
L’issue de la procédure sera observée bien au-delà de la Drôme, dans un contexte national marqué par une multiplication de projets d’infrastructures liées à l’IA et aux données. Pour l’agglomération Valence-Romans, le projet met en lumière le positionnement du territoire sur les filières numériques et les arbitrages à conduire entre attractivité économique, cadre de vie et soutenabilité.
Du côté des habitants proches du site, la proximité immédiate avec Valence-TGV et le parc d’activités de Rovaltain nourrit des attentes fortes sur la gestion des phases de chantier et l’intégration urbaine. Les associations, elles, soulignent le besoin d’un débat public à la hauteur des enjeux contemporains autour des grandes infrastructures numériques.
Repères chronologiques
| Date | Étape |
|---|---|
| 18 février | Dépôt du recours sur le fond contre le permis de construire |
| 2 juillet | Audience en référé-suspension au tribunal administratif de Grenoble |
Dans l’immédiat, les regards restent tournés vers la juridiction administrative. Sa décision, qu’elle suspende ou non les effets du permis, conditionnera le tempo du dossier et, par ricochet, les débats locaux à venir.