Deux parcours liés jusque dans l’ultime adieu
À Valognes, la communauté de l’abbaye Notre-Dame de Protection vit un moment rare et éprouvant. Fin juin, deux religieuses emblématiques, sœur Mechtilde et sœur Marie-Étienne, se sont éteintes à trois jours d’intervalle. Elles avaient 96 ans chacune et plus de 63 ans de vie bénédictine partagée. Sœur Mechtilde, née Christine de Bernes de Longvilliers, est décédée le 25 juin 2026. Sœur Marie-Étienne, née Odile Fontana, est morte le 28 juin 2026. Leur messe d’inhumation a été célébrée le mercredi 1er juillet 2026 dans l’église de l’abbaye, en plein cœur de celui que l’on surnomme le « Petit Versailles normand ».
Une même vocation, le même jour
Au-delà de la proximité des dates, ce sont les parallèles de leurs vies qui frappent les fidèles. Les deux sœurs avaient prononcé leur profession perpétuelle le même jour, à la même heure et au même endroit, il y a 63 ans. Elles ont ensuite poursuivi, côte à côte, la règle bénédictine faite d’oraison, de travail, d’offices et d’études. Longtemps connue pour ses pâtes de fruits et la confection des hosties, la communauté poursuit aujourd’hui sa mission d’accueil, en maintenant une vie rythmée et ouverte sur la ville.
Une émotion partagée à Valognes
Leur disparition a marqué bien au-delà des murs de l’abbaye. Proche de la communauté, Maud Fauvel témoigne de la singularité du moment :
« C’est incroyable », dit-elle, évoquant des obsèques « peu ordinaires ».
Elle décrit également l’abbaye comme
« un bien bel endroit, ouvert à tous, croyants et non-croyants »et comme
« un lieu hors du temps », propice au recueillement. Des mots qui disent l’attachement des habitants à ce lieu discret mais présent dans la vie de la cité.
Un repère spirituel et patrimonial
L’abbaye Notre-Dame de Protection, située en plein centre de Valognes, reste un repère pour les habitants comme pour les visiteurs. Au fil des décennies, les sœurs ont tissé des liens sobres mais durables avec le territoire, par leurs productions artisanales d’hier, leur accueil d’aujourd’hui et une liturgie qui structure la vie de la maison. Le faire-part de la communauté parle avec simplicité du « retour à Dieu » des deux religieuses, dans la tradition monastique.
Des vies au service, sans grandiloquence
Ce départ en miroir rappelle la force de la vie commune. Dans la règle bénédictine, l’équilibre entre prière, travail et fraternité inscrit les jours dans une continuité que les deux sœurs ont partagée jusqu’au bout. À Valognes, ce double adieu prend des allures de témoignage : celui d’une fidélité longue et paisible, discrète mais repérable, qui a accompagné des générations de paroissiens et de voisins.
Marques d’affection et continuité de la communauté
Les obsèques ont rassemblé autour de l’abbaye proches et fidèles, venus saluer deux parcours indissociables. La communauté, fidèle à sa vocation, poursuit ses activités d’accueil et ses offices. La mémoire de sœur Mechtilde et de sœur Marie-Étienne s’inscrit désormais dans la prière et la vie quotidienne de la maison, sans rupture, avec cette constance qui caractérise les lieux.
Repères
- Messes et offices se tiennent à l’église de l’abbaye de Valognes.
- La communauté continue sa vocation d’accueil, ouverte à tous.
- Un faire-part a annoncé le « retour à Dieu » des deux religieuses.
| Religieuse | Nom de naissance | Date de décès | Âge | Vie bénédictine |
|---|---|---|---|---|
| Sœur Mechtilde | Christine de Bernes de Longvilliers | 25/06/2026 | 96 ans | 63 ans |
| Sœur Marie-Étienne | Odile Fontana | 28/06/2026 | 96 ans | 63 ans |
Dans le silence du cloître, l’écho des derniers chants demeurera comme un fil de continuité. Valognes a salué deux figures familières ; l’abbaye, elle, poursuit sa route, dans la même simplicité.