Un nouveau Wimbledon sans Tricolore au-delà du troisième tour
Le constat tombe comme une pluie fine sur le gazon londonien : pour la quatrième fois en six éditions, aucun joueur ou joueuse français(e) n’a dépassé le troisième tour à Wimbledon. Le dernier à tenir la rampe, Arthur Rinderknech, a été stoppé aux portes des huitièmes ce vendredi 3 juillet par Novak Djokovic, septuple vainqueur au All England Club. Après un duel accroché de plus de trois heures, le Serbe a plié l’affaire en quatre manches (7-5, 6-4, 1-6, 7-6 (7/4)).
« Encore une déception. »
À Tours, où l’on suit Wimbledon chaque été dans les bars, les salons et sur les courts municipaux, cette élimination renforce un sentiment tenace : la marche des tournois du Grand Chelem reste élevée pour la délégation française, en particulier chez les hommes.
Un trou d’air qui s’allonge : 18 Majeurs sans quart
Le signal le plus préoccupant tient dans la série en cours. Le tennis masculin tricolore demeure à l’arrêt : 18 Grands Chelems d’affilée se sont écoulés sans qu’aucun Français ne s’invite en quart de finale. Depuis la victoire de Gaël Monfils en huitièmes à l’Open d’Australie, le 23 janvier 2022, les opportunités se sont dissipées avant le cap des derniers huit.
- Dernier carré inaccessible depuis 18 Majeurs.
- Rareté des présences en huitièmes ces dernières saisons.
- Aucun joueur tricolore dans le Top 10 du classement mondial.
La régularité au sommet passe par le classement. Or la France n’a plus casé de représentant dans le Top 10 depuis des lustres. Le mieux classé ces derniers mois, Arthur Fils, avait grimpé jusqu’à la 15e place en avril 2025. Sa trajectoire, freinée par une absence de presque deux mois liée à une blessure, a pesé cet été : en manque de rythme, il a quitté la scène londonienne prématurément.
Ce que disent les chiffres, de Londres à Tours
À défaut de quarts de finale, quelques lueurs ont percé au stade des huitièmes ces dernières saisons. Elles restent toutefois éparses, comme le montre ce rappel :
| Tournoi | Année | Français en 8es |
|---|---|---|
| US Open | 2022 | Corentin Moutet |
| Open d'Australie | 2024 | Arthur Cazaux, Adrian Mannarino |
| Roland-Garros | 2024 | Corentin Moutet |
| Wimbledon | 2024 | Ugo Humbert, Giovanni Mpetshi Perricard, Arthur Fils |
| Open d'Australie | 2025 | Gaël Monfils, Ugo Humbert |
| US Open | 2025 | Arthur Rinderknech, Adrian Mannarino |
Cette intermittence complique la conquête de points et la sécurisation d’un statut de tête de série, pourtant décisif pour éviter les chocs face aux cadors dès les premiers tours. Le revers subi à Londres par Rinderknech face au n°7 mondial et septuple lauréat du tournoi en est l’illustration : le « Djoker » reste, sur herbe, l’un des adversaires les plus redoutés.
Le prisme tourangeau : passion intacte, impatience grandissante
À Tours, le tournoi britannique sert de baromètre annuel pour les passionnés. Même sans chouchous au-delà du troisième tour, la ferveur demeure. Mais la patience s’use à mesure que les bilans s’empilent et que les noms français se font rares en deuxième semaine. Les discussions tournent autour de quelques constantes : la nécessité d’enchaîner les saisons pleines, l’importance d’un cap mental dans les grands rendez-vous, et l’exigence d’un classement suffisamment haut pour se protéger dans les tableaux.
Rinderknech valeureux, Djokovic implacable
Sur le Central, Arthur Rinderknech a proposé un tennis entreprenant, arrachant même la troisième manche. Mais le dernier mot est revenu à Novak Djokovic, qui poursuit sa quête d’un 25e titre du Grand Chelem. Le score final — 7-5, 6-4, 1-6, 7-6 (7/4) — rappelle à quel point l’écart se joue parfois sur quelques points lorsque le niveau s’élève.
Et maintenant ?
La suite de la saison s’annonce déjà avec l’enchaînement des tournois et un œil sur l’été nord-américain. Pour la communauté du tennis à Tours, l’horizon reste le même : retrouver des Français installés dans le haut du panier et capables de prolonger l’aventure au-delà de la première semaine. Les jalons existent — talents identifiés, séquences réussies — mais le défi consiste à transformer ces étincelles en résultats récurrents.
En attendant, Wimbledon poursuivra son ballet sur gazon sans représentants tricolores, tandis que la France du tennis, de Londres à la Loire, s’interroge sur les ressorts à activer pour renouer avec les quarts, et plus si affinités.