Une alternative locale aux scènes géantes
À l’heure où les regards se tournent vers les grandes scènes de la citadelle, une autre proposition s’invite en cœur de ville. À l’initiative de la radio PFM, le groupe de black metal Galibot se produit ce samedi à l’Espace Saint-Éloi, à Arras. Une soirée pensée pour celles et ceux qui n’ont pas trouvé de place au Main Square ou qui préfèrent une expérience plus intime, à hauteur de salle, au plus près des musiciens.
Originaire de Wallers, le quintet revendique un ancrage dans les paysages et les mémoires ouvrières du Nord. Sa musique, sombre et ciselée, chemine entre fracas métalliques et atmosphères graves. L’esthétique, nourrie par l’imaginaire du charbon, convoque une part de l’histoire régionale qui parle à beaucoup ici.
Une immersion minière sur scène
Sur disque comme en concert, Galibot s’attache à restituer l’ambiance des fosses, des terrils et des ciels bas. Le guitariste Thomas Deffrasnes parle de lignes qui racontent les routes et les marques du passé industriel :
« les routes sinueuses de terres désolées, entre les stigmates du passé industriel, les champs plats noyés de pluie, les nuages bas, et ces forêts percées par les terrils, ces montagnes hallucinées »
La prestation promise ne tient pas seulement du son. Le groupe annonce une présence habitée, soutenue par une machinerie scénique qui enveloppe le public :
« C’est, une expérience visuelle immersive, avec de la machinerie scénique et une présence habitée, frénétique, presque punk. Pour autant, nous conservons une atmosphère pesante et occulte »
De quoi offrir, au cœur d’Arras, une parenthèse nocturne qui tranche avec la fête en plein air, sans perdre de vue l’horizon des corons et des galeries.
Deux sorties discographiques récentes
La formation arrive avec de nouveaux titres à défendre. Son deuxième album, Catabase, est sorti au mois de mai, quelques semaines après la réédition de son premier disque, Euch’Mau Noir. Deux jalons qui structurent la setlist attendue et laissent entrevoir un passage en revue des différentes périodes du groupe, du tranchant brut des débuts aux textures plus installées de leurs dernières compositions.
Plateau 100 % sombre, avec deux premières parties locales
La soirée s’ouvre sur un double avant-goût. L’Arrageois Midngrief annoncera la couleur avec une lourdeur assumée, tandis que Hyldr proposera une plongée dans un univers à la teinte gothique. Un enchaînement pensé pour installer progressivement l’atmosphère avant l’entrée de Galibot.
- Ouverture par Midngrief (Arras) et Hyldr
- Show immersif de Galibot, ancré dans l’imaginaire minier
- Nouveaux titres issus de Catabase et réédition de Euch’Mau Noir
Infos pratiques à Arras
L’événement a lieu ce samedi 4 juillet à 19 h 30 à l’Espace Saint-Éloi, 11 place de l’Ancien-Rivage, à Arras. Un tarif unique est annoncé, accessible aux curieux comme aux amateurs du genre. La billetterie passe par la plateforme en ligne indiquée par l’organisateur.
| Date | Heure | Lieu | Adresse | Tarif | Billetterie |
|---|---|---|---|---|---|
| Samedi 4 juillet | 19 h 30 | Espace Saint-Éloi | 11 place de l’Ancien-Rivage, Arras | 10 euros | www.helloasso.com |
Un détour par la mémoire du pays minier
Au-delà du registre musical, la proposition résonne localement. Les thèmes empruntés à la mine parlent d’une région qui a vécu ses métamorphoses au rythme des galeries et des puits. Voir ces images réinvesties sur une scène arrageoise n’a rien d’anecdotique : c’est une manière de rappeler que le patrimoine ne se cantonne pas aux musées, mais continue d’inspirer des créations contemporaines, parfois rugueuses, souvent sensibles.
Pour les spectateurs, cette date offre l’occasion d’explorer un pan spécifique de la scène black metal du Nord, porté ici par un groupe qui assume ses références territoriales. Entre les murs de l’Espace Saint-Éloi, l’attente est celle d’un concert compact, dense, qui ne mise ni sur l’esbroufe ni sur l’effet de masse, mais sur la proximité et le détail. Ceux qui cherchent une autre voie que la grande foule trouveront là une soirée cousue main, au cœur d’Arras.