Un « village » dédié à la réflexion sur la chasse et la nature
Jeudi 9 juillet, au cœur de la forêt ardennaise, la Fondation François Sommer a ouvert les portes d’un projet singulier : un centre de formation, de recherche et de création artistique implanté dans le domaine de Belval, à Belval-Bois-des-Dames. Construit en deux ans, le site occupe 2 500 m² et comprend neuf pavillons agencés à la manière d’un hameau, avec des toitures en tuiles et un décor qui rappelle l’histoire de la chasse.
Le budget du chantier avoisine 13 millions d’euros. Au-delà de l’apparence, l’ambition affichée est claire : réunir acteurs de la chasse, spécialistes de la biodiversité, chercheurs et artistes pour aborder la pratique cynégétique « autrement » et ouvrir un dialogue pluriel sur la gestion des milieux.
« Quand autant de personnes se rassemblent à l’orée d’une forêt, habituellement c’est qu’il y a de quoi s’inquiéter ! »
La remarque, teintée d’ironie, était signée Henri de Castries lors de l’inauguration. L’événement a réuni de nombreux partenaires institutionnels et associatifs, signe d’un positionnement que la Fondation entend dépassant la simple vitrine pro-chasse.
Recherche, formation, création : les trois piliers
Le centre articule plusieurs activités complémentaires :
- un laboratoire de recherche en collaboration avec le CNRS ;
- un pôle de formations pratiques, notamment sur le tir et l’équilibre faune–flore ;
- des résidences pour artistes afin de nourrir une approche culturelle et réflexive.
Olivier Thibault, directeur de l’Office français de la biodiversité, a insisté sur la nécessité d’ouvrir le débat :
« Il faut parler de ce que l’on sait mais aussi de ce dont on doute. »
Parmi les signataires des conventions de partenariat figurent l’OFB, l’Office national des forêts (ONF), la Région Grand Est, l’Association nationale des jeunes et nouveaux chasseurs (ANJC) et le château de Chantilly. Ces alliances illustrent la volonté du site d’être à la fois lieu de formation technique et plateforme de débats scientifiques et sociétaux.
Une plateforme européenne en perspective
Les responsables de la Fondation ambitionnent d’étendre la portée du centre au-delà des frontières nationales. Comme l’a déclaré Henri de Castries, il s’agit de « devenir une plateforme crédible au-delà de la France, à l’échelle de l’Europe ». Concrètement, le centre devra démontrer sa capacité à produire des connaissances et des formations reconnues, et à fédérer des acteurs aux sensibilités diverses.
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Surface | 2 500 m² |
| Pavillons | 9 |
| Durée du chantier | 2 ans |
| Budget | 13 millions d'euros |
Sur le terrain, certaines questions pratiques restent à préciser : modalités précises des formations, calendrier des résidences artistiques, et mécanismes de gouvernance entre partenaires publics et associatifs. Les Ardennes pourraient toutefois trouver là un équipement de rayonnement, susceptible d’attirer chercheurs, stagiaires et événements spécialisés.
Pour les habitants du secteur, la création de ce centre est aussi une opportunité économique et culturelle : emplois liés à la gestion du site, retombées pour les prestataires locaux et animations susceptibles d’animer la saison touristique. Reste à voir comment le lieu parviendra à concilier des usages parfois opposés — chasse, conservation, loisirs — en restant fidèle à sa promesse d’ouverture et de dialogue.
La cérémonie d’inauguration marque le départ d’une expérimentation : transformer un objet souvent source de polémiques en terrain d’échanges et de connaissances. À Belval, la forêt sert désormais de cadre à une réflexion qui veut être formative, scientifique et, à sa façon, créative.