Une ferme relancée pour nourrir plus près et mieux
À Berthenay, sur la rive gauche de la Loire, une parcelle jusque-là en jachère a repris vie. Porté par le Projet Alimentaire Territorial de Tours Métropole, le site des Bergerons accueille depuis février 2025 le maraîcher Vincent Ferret, 27 ans. L’objectif affiché par la collectivité : remettre des terres en culture pour consolider une offre de légumes en circuit court et renforcer la souveraineté alimentaire locale. Début avril, les premiers paniers ont quitté la ferme, ouverte au public et aux professionnels de proximité.
« Je cultive environ 50 espèces de légumes, 150 variétés. »
Sur 3,5 hectares aménagés par la Métropole et loués au jeune agriculteur pour 700 € par an, l’exploitation s’est structurée à un rythme soutenu. Le choix assumé d’un maraîchage certifié bio s’inscrit dans la ligne des orientations défendues par la collectivité et ses équipes.
Un coup de pouce public concret et chiffré
Pour rendre l’installation possible, Tours Métropole a mobilisé un ensemble d’équipements essentiels. La chargée de mission du PAT, Sabine Gass, résume l’enveloppe et le contenu des travaux :
« On a réalisé 200.000 euros d’installations. On a fait un forage, on a installé un puits et une pompe d’irrigation, un conteneur de stockage, on a raccordé en électricité et en eau. »
Au-delà du démarrage, la collectivité assure la maintenance de ces infrastructures, ce qui sécurise la montée en puissance du projet pour les saisons à venir.
| Donnée clé | Valeur |
|---|---|
| Surface cultivée | 3,5 ha |
| Loyer annuel | 700 € |
| Investissement public | 200 000 € |
| Espèces/variétés annoncées | 50 / 150 |
| Ferme issue du PAT | 8e inaugurée |
| Suite à l’étude | Projet à Ballan-Miré |
Un levier pour démarrer vite et bien
Pour le jeune maraîcher, l’accès à un foncier prêt à l’emploi change la donne, en évitant des mois d’attente et des coûts d’entrée trop lourds. Il ne cache pas l’effet d’amorçage :
« Ça a facilité mon installation, ça m’a permis d’investir pour installer des serres »
Le dialogue avec la commune s’installe également : la ferme a récemment accueilli une visite du maire de Berthenay, Jacky Bertrand. Sur place, rigueur des alignements, planches propres et irrigation opérationnelle : les signes d’une exploitation pensée pour durer.
Huitième ferme du PAT, une neuvième en vue
La Ferme des Bergerons marque une étape supplémentaire dans la stratégie métropolitaine. Selon Sabine Gass, il s’agit de la 8e ferme inaugurée via le PAT. Et la collectivité prépare déjà la suite : une 9e implantation est à l’étude du côté de Ballan-Miré. L’appel est clair :
« On cherche des porteurs de projet »
La Métropole précise l’orientation donnée à la sélection, en mettant en avant les modèles de production répondant à des exigences environnementales élevées. Le cap reste identique : sécuriser des volumes de légumes de proximité pour les ménages et acteurs locaux, avec des débouchés courts.
Des retombées très locales
Pour les habitants de Tours et des communes voisines, l’intérêt est multiple :
- accès à une offre de légumes de saison produits à quelques kilomètres,
- ancrage d’emplois agricoles non délocalisables,
- gestion optimisée de l’eau grâce aux équipements dimensionnés pour le site.
Le pari du PAT, ici, se lit dans le paysage : transformer des friches en jardins nourriciers, structurer des fermes-outils et laisser aux maraîchers la concentration de leurs efforts sur l’itinéraire cultural, la qualité et la régularité des récoltes.
Cap sur la souveraineté alimentaire de la métropole
Le programme ne joue pas la quantité à tout prix : il privilégie le maillage de petites et moyennes exploitations, capables d’alimenter les marchés de proximité. À Berthenay, l’exemple de Vincent Ferret illustre une méthode où la puissance publique prend en charge les infrastructures de base, pendant que l’exploitant pilote l’agronomie et la commercialisation en circuit court. Une partition lisible, appelée à se reproduire si la 9e ferme trouve, elle aussi, son porteur de projet à Ballan-Miré.