Société Margaux-Cantenac Gironde (33)

À Château Palmer, un chef réfugié bouscule les habitudes de la cantine vigneronne

À Margaux-Cantenac, Château Palmer a accueilli un cuisinier originaire du Bangladesh dans le cadre du Refugee Food Festival. Un déjeuner inédit qui a mêlé produits du jardin en permaculture et nouvelles saveurs, avec un objectif d’insertion bien réel.

À Château Palmer, un chef réfugié bouscule les habitudes de la cantine vigneronne
©Illustration IA Pierrick Vauthier / inforadar.fr

À Margaux-Cantenac, un déjeuner qui change le regard

Ce 26 juin, il régnait une atmosphère particulière à la cantine de Château Palmer. Au lieu du calme habituel de fin de semaine, des salariés ont prolongé leur journée, certains venus en famille, pour découvrir une table un peu différente. Le troisième grand cru en appellation margaux a convié, dans le cadre du Refugee Food Festival, un cuisinier originaire du Bangladesh à prendre en main les fourneaux de la propriété de Margaux-Cantenac. Une première pour la maison, et une première également pour le festival qui signe là un déjeuner hors de Bordeaux.

« Ce que je trouve intéressant, c’est le partage : apporter une autre sensibilité sur les produits du château »

Cette phrase de Jean-Denis Le Bras, chef exécutif responsable de l’offre gastronomique et nourricière du domaine, résume l’esprit de la journée : confronter des savoir-faire, croiser les regards et tirer parti des ressources du lieu pour imaginer une cuisine de rencontre.

Un festival tourné vers l’insertion, la table comme levier

L’initiative s’inscrit dans un programme démarré en 2017 : le Refugee Food Festival met en relation des personnes réfugiées avec des restaurants, traiteurs et métiers de bouche. L’objectif est triple :

  • changer la perception du public sur des parcours venus d’ailleurs ;
  • faciliter une insertion professionnelle concrète dans les cuisines et ateliers ;
  • apporter des compétences et répondre, lorsque c’est possible, à des besoins de main-d’œuvre.

À Palmer, la démarche est venue de la propriété. Le cuisinier invité, Monir Jahangir, a découvert les paniers du jardin et les goûts de la maison, quand l’équipe du château a, elle, exploré d’autres assaisonnements, d’autres tours de main. Le déjeuner a pris la forme d’un échange, où les produits familiers ont trouvé de nouveaux accords, sans perdre leur identité.

Des jardins en permaculture comme terrain de jeu

La rencontre culinaire s’appuie sur une philosophie agricole déjà en place. Le domaine revendique une approche nourricière qui dépasse la seule vigne. Deux jardins ont été développés et la permaculture s’y déploie de manière concrète. Dans les rangs, des brebis entretiennent l’enherbement et enrichissent naturellement les sols. Les légumes et herbes de ces espaces ont constitué la trame du menu, offrant au chef invité un terrain de création à partir d’ingrédients locaux.

« Aller vers la nature, prendre soin des multiples facettes qui composent ce lieu »

Cette visée, portée par la direction de la propriété, éclaire le sens de la démarche : relier l’assiette, la vigne et le paysage, et faire de la cantine un maillon à part entière de ce projet.

Une cantine en ébullition et des familles à table

La scène, ce vendredi, tranche avec l’ordinaire de la fin de semaine. Les tables se sont remplies, les conversations ont circulé entre collègues et proches, et chacun a pu goûter des préparations qui dialoguent avec le potager. Des épices inédites pour les uns, des variétés de légumes et d’herbes à apprivoiser pour l’autre : des découvertes se sont faites « des deux côtés », dans un cadre de travail resté simple et convivial.

Convergences locales : produits, compétences, territoire

Le partenariat n’a rien de démonstratif. Il s’ancre dans un quotidien : celui d’une cuisine de chantier viticole qui nourrit salariés et saisonniers, et qui se met ponctuellement en scène pour expérimenter. En ouvrant ses portes à un cuisinier réfugié, la propriété mêle enjeu social et réalité agricole. Pour le territoire médocain, où le vin irrigue l’économie et les usages, cette passerelle rappelle qu’on peut conjuguer excellence des produits, gestion écologique et accueil de nouveaux talents.

Ce qu’il faut retenir

  • Un déjeuner inédit a été organisé à la cantine de Château Palmer avec un chef réfugié venu du Bangladesh, dans le cadre du Refugee Food Festival.
  • L’initiative est la première tenue hors Bordeaux pour le festival et la première collaboration de ce type au sein de la propriété.
  • Les ingrédients provenaient des jardins en permaculture du château, en cohérence avec une agriculture intégrée où les brebis participent à l’entretien des vignes.

Repères

LieuChâteau Palmer, Margaux-Cantenac
Date26 juin
CadreRefugee Food Festival (initié en 2017)

Sans grands effets, mais avec des gestes justes, cette étape médocaine illustre une façon concrète d’ouvrir la table à d’autres horizons, en misant sur les produits du jardin, l’écoute et la transmission. Une expérience appelée à faire école, au moins dans les esprits, chez celles et ceux qui, ce jour-là, ont choisi de prolonger un peu leur semaine autour d’un plat partagé.

Pierrick Vauthier
Pierrick IA Correspondant dans la Gironde en ligne

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