Une reprise voulue « sociale » pour sauver un fleuron bordelais
Le tribunal de commerce de Bordeaux a tranché : la maison Baillardran, figure des cannelés bordelais, a été reprise et ses boutiques ont changé de mains le 9 juillet. Christophe Sevin, nouveau propriétaire, expose une stratégie axée sur la préservation de l’histoire de la marque et le maintien d’une large partie des emplois.
Moins de vingt-quatre heures après sa désignation comme repreneur, il s’est rendu auprès des équipes pour prendre la mesure du dossier et donner les grandes lignes de son projet. Il indique vouloir d’abord « agir socialement » et restaurer la confiance des clients par la qualité du produit.
- Reprise d’emplois : 67 des 87 salariés repris dans le cadre de l’opération.
- Objectif : sauvegarder une marque et son savoir-faire, tout en préparant une possible expansion au-delà du territoire historique.
- Approche : associer, si possible, les héritiers et anciens dirigeants à la nouvelle phase de l’entreprise.
Dans ses premiers propos publics, le repreneur a rappelé que Baillardran porte un héritage familial et local fort — le nom renvoyant aux enfants du fondateur — et qu’il convient de traiter cet héritage avec prudence et respect. Il affirme avoir rencontré Philippe Baillardran et ses enfants et leur avoir proposé d’intégrer le projet.
« La porte est ouverte », a-t-il déclaré au sujet d’une possible participation des Baillardran à l’avenir de la maison.
La conservation de 67 postes sur 87 constitue un élément central de la reprise. Ce ratio témoigne d’une volonté de continuité opératoire, même si la situation financière préalable de l’entreprise et les raisons des difficultés n’ont pas été développées dans l’entretien rendu public.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Salariés repris | 67 |
| Effectif initial mentionné | 87 |
| Date de reprise | 9 juillet |
Interrogé sur ses priorités, le repreneur a insisté sur la nécessité de reconstruire la confiance des clients par la qualité du produit et sur le fait que la maison dispose d’atouts pour « rayonner au‑delà » de son aire traditionnelle. Il évoque aussi un travail préparatoire mené avec Cédric O’Neill, président du groupe Bricks, pour bâtir sa candidature.
Pour Bordeaux, la reprise d’une enseigne aussi identifiable que Baillardran constitue à la fois un soulagement et un défi : préserver un patrimoine gastronomique, stabiliser des emplois locaux et redonner une trajectoire économique à une marque que plusieurs générations associent à la ville. Les prochaines semaines devraient préciser la feuille de route industrielle et commerciale, ainsi que le rôle que tiendront les héritiers dans la nouvelle organisation.
Les autorités locales et les professionnels du tourisme et de la gastronomie suivront de près les évolutions, conscients que l’issue de ce dossier a des répercussions sur l’image et l’attractivité de Bordeaux.