Un département qui perd ses élevages : la production locale désormais concentrée à Droyes
Autrefois répartie sur plusieurs exploitations, la production de canards en Haute-Marne est aujourd'hui concentrée sur une seule adresse : la ferme du Bocage, à Droyes. Depuis l'arrêt récent de l'exploitation d'Orchamps, à Richebourg, l'exploitation tenue par Emilien Bernard assure l'ensemble de la chaîne — élevage, abattage, transformation et vente directe.
En cette fin juillet, la période d'élevage est terminée ; la boutique de producteurs de Giffaumont, que gère aussi l'éleveur, permet toutefois de voir l'offre : vins, confitures, viandes, glaces et, bien sûr, des produits à base de canard — terrines, confits et rillettes figurent parmi les spécialités.
« La filière canard a du mal à se rééquilibrer », explique l'éleveur, pointant la succession de crises qui pèse sur les productions locales.
L'arrêt d'exploitations a plusieurs causes : crises sanitaires successives — notamment la grippe aviaire —, concurrence d'importations et choix techniques différents entre petits producteurs et filières industrielles. À Droyes, le parti pris est clair : travailler avec du canard issu de France, sans gavage par air comprimé et en utilisant des céréales entières pour l'engraissement.
- Méthode : élevage traditionnel, pas de gavage sous air comprimé.
- Production : transformation et vente à la ferme ; gamme : foie gras, magrets, confits, terrines.
- Effectifs : l'exploitation emploie deux salariés, dont un membre de la famille.
Emilien Bernard estime avoir réduit sa production de moitié depuis 2024, par choix et en réaction aux aléas du marché. Il alerte : sans mesures de soutien et sans un retour à une production française plus abondante, la filière risque de se fragiliser sur le long terme.
| État antérieur | Situation actuelle |
|---|---|
| Autrefois : 5 exploitations | Maintenant : 1 exploitation en activité en Haute-Marne |
| Production locale plus répartie | Production concentrée à Droyes (ferme du Bocage) |
Pour les consommateurs attachés aux produits locaux, la disparition d'exploitations pose la question de l'approvisionnement : la plupart des volumes disponibles sur le marché proviennent désormais de l'étranger, notamment d'Europe de l'Est, ce qui ajoute une pression sur les producteurs qui choisissent le circuit court et les méthodes artisanales.
À l'échelle départementale, la survie d'une filière repose sur des décisions politiques et des dynamiques économiques : accompagnement technique, soutien aux jeunes installations, prévention sanitaire renforcée et valorisation des circuits courts. En attendant, la ferme du Bocage continue de tenir sa place, en misant sur la qualité et la traçabilité pour conserver une clientèle locale fidèle.
Pratique : la boutique de Giffaumont vend toute l'année la gamme de produits, et la ferme reçoit sur rendez-vous pour les achats directs.