Le canton du Jura s’apprête à ouvrir un nouveau débat sur le niveau des rémunérations. Le syndicat Unia Transjurane, accompagné d’autres organisations syndicales et de formations de gauche, a déposé le 28 octobre 2026 une initiative populaire visant à instaurer un salaire minimum applicable à l’ensemble du territoire cantonal.
Le Jura dispose déjà d’un salaire minimum légal depuis 2018. Mais son champ d’application reste limité : les secteurs couverts par une convention collective de travail étendue en sont exclus. Pour les promoteurs du texte, cette règle laisse de nombreux salariés à temps plein avec des revenus insuffisants pour vivre sans recourir à l’aide sociale.
Un seuil fixé à 23 francs de l’heure
L’initiative entend supprimer cette différence de traitement entre les branches. Elle prévoit un plancher salarial qui s’appliquerait à tous les salariés, indépendamment de leur secteur d’activité. Le montant demandé est de 23 francs bruts par heure.
- un salaire minimum cantonal généralisé ;
- une adaptation automatique au renchérissement ;
- des contrôles jugés efficaces et des sanctions contre le dumping salarial.
Pour Unia, l’objectif est de garantir à chaque personne employée à plein temps un revenu permettant de subvenir à ses besoins sans dépendre de l’aide sociale. Le syndicat estime que le dispositif actuel ne répond pas à cette exigence, précisément parce que des branches entières restent en dehors de la loi cantonale.
Le débat dépasse les frontières cantonales
Les initiants s’appuient notamment sur l’évolution observée au Tessin. Dans ce canton, le gouvernement a décidé de faire primer le salaire minimum cantonal sur les minima inférieurs prévus par certaines conventions collectives étendues. Cette orientation est présentée comme une réponse aux écarts persistants entre secteurs d’activité.
La question se joue aussi au niveau fédéral. Le Parlement suisse a adopté une loi qui, selon les promoteurs de l’initiative, limiterait la possibilité pour les cantons et les communes de fixer des salaires minimums supérieurs à ceux prévus par des conventions collectives étendues. L’hôtellerie-restauration, la coiffure et le nettoyage figureraient parmi les domaines concernés.
Un référendum national en préparation
Unia et plusieurs syndicats et partis de gauche ont lancé un référendum contre ce projet fédéral. Plus de 100 000 signatures ont été recueillies, indique le syndicat. Le peuple suisse doit désormais être appelé à se prononcer sur cette réforme, tandis que le Jura engage sa propre procédure autour d’un salaire minimum étendu à toutes les branches.
| Élément | Contenu de l’initiative |
|---|---|
| Montant demandé | 23 francs bruts par heure |
| Indexation | Adaptation au renchérissement |
| Contrôle | Sanctions contre le dumping salarial |