Un refuge emblématique qui plie sous la baisse des aides
Perdu entre les marais, au Château-d’Oléron, le terrain de l’Association de protection des ânes et des chevaux de Charente-Maritime (APAC 17) ressemble à un îlot de calme. Une trentaine d’hectares ? Non : 15 hectares, plantés pour accueillir et soigner. Aujourd’hui, 40 animaux y vivent « jusqu’à la fin de leur vie ou jusqu’à leur mort naturelle », rappelle la présidente et fondatrice, Katia Morgat. Mais le calme est fragile. Le refuge souffre d’une crise financière qui contraint toute son activité.
En quelques années, la capacité d’accueil et l’activité ont été réduites. Trois ans en arrière, le refuge comptait plus de 70 chevaux. L’association a fait le choix — douloureux — de limiter les sauvetages pour garantir le soin des animaux déjà présents. Ce choix traduit une réalité simple : l’argent manque.
« On n’a aucune rentrée d’argent pérenne. On vit du mécénat, de nos animations et des subventions. »
La chute des recettes est nette. Le budget est passé de 280 000 € en 2023 à 125 000 € aujourd’hui. Et les subventions départementales, elles, ont été divisées par quatre depuis 2023. Les conséquences sont visibles : moins de parrainages, moins de visites, moins d’aménagements, moins d’achats de matériel.
Une équipe réduite, un réseau de solidarité local
L’équipe se compose de deux salariés et d’une dizaine de bénévoles. La fatigue s’installe. Pour tenir, l’APAC 17 compte sur un réseau d’entraide départemental : prêts de véhicules, dépannage ponctuel, coups de main sur les transports d’animaux. Mais ces solidarités ne remplacent pas une solution financière stable.
- Surface : 15 hectares
- Animaux hébergés : 40
- Équipe : 2 salariés, ~10 bénévoles
- Budget : 280 000 € (2023) → 125 000 € (aujourd'hui)
- Aides : subventions départementales divisées par 4 depuis 2023
| Élément | 2023 | 2026 (aujourd'hui) |
|---|---|---|
| Budget annuel | 280 000 € | 125 000 € |
| Nombre d'équidés | Plus de 70 (il y a 3 ans) | 40 |
| Subventions départementales | Référence 2023 | Divisées par 4 |
Conséquences locales et perspectives
Sur le terrain, la réduction d’activité signifie moins de sauvetages. Certaines demandes d’accueil sont désormais refusées. L’APAC 17 préfère « ne pas prendre le risque de ne pouvoir s’occuper de ceux qu’on a déjà », formule qui résume le dilemme éthique des responsables. Les économies portent sur l’aménagement et l’équipement. Mais il est impossible, selon l’équipe, de rogner sur les soins vétérinaires et l’alimentation des animaux.
Pour les habitants et les collectivités de l’île, la situation pose une question de responsabilité : quelle place pour la protection des équidés quand les budgets publics se contractent ? Les particuliers sont aussi pointés du doigt. L’association alerte sur des adoptions impulsives : « Beaucoup de particuliers ne se posent pas les bonnes questions avant de prendre un animal chez eux », souligne Katia Morgat.
Le refuge cherche des solutions : appels au mécénat, animations, parrainages ciblés. Mais sans rentrée pérenne, la tension financière restera. Sur une île où l’attachement aux paysages et aux animaux est fort, la disparition progressive d’un refuge comme l’APAC 17 serait une perte tangible.
Des initiatives locales et des soutiens ciblés pourraient aider à stabiliser la situation. En attendant, le refuge continue d’assurer ses missions, au prix d’efforts considérables de la part de bénévoles et de salariés épuisés.