Environnement Méry-sur-Oise Val-d'Oise (95)

À Méry-sur-Oise, un apiculteur contraint de quitter son rucher pour laisser place à des équipements sportifs

La municipalité demande à Julien Blondeau de libérer une parcelle communale occupée par une vingtaine de ruches avant le 30 septembre 2026. La zone doit accueillir un pumptrack et des terrains de padel.

À Méry-sur-Oise, un apiculteur contraint de quitter son rucher pour laisser place à des équipements sportifs
©Illustration IA Renaud Maziniak / inforadar.fr

Pression municipale sur un rucher installé depuis 2020

La Ville de Méry‑sur‑Oise a demandé à Julien Blondeau, apiculteur installé derrière le stade Jean‑Brestel, de quitter la parcelle communale où se trouvent ses ruches avant le 30 septembre 2026. Sur ce terrain de quatre hectares, l'élu municipal souhaite désormais implanter un pumptrack et des terrains de padel, a précisé la collectivité.

Propriétaire de l'emplacement, la commune reprend la maîtrise foncière d'une friche qui avait été autorisée, en convention, pour un usage apicole. Julien Blondeau, qui exploite environ vingt ruches et produit du miel local depuis six ans, s'était installé après la signature d'une convention en 2020. Cette convention initiale, limitée à trois ans, est arrivée à échéance en 2023 et n'a pas été renouvelée.

Un rucher productif sur une ancienne carrière

Sur place, l'apiculteur souligne la qualité du site : sol sablonneux, végétation spontanée, « un environnement favorable à la biodiversité » qui explique des récoltes conséquentes pour une activité secondaire. Dans ses propos rapportés, il évoque la production :

« L’an dernier, j’en ai récolté près de 300 kg. »

Âgé de 42 ans, technicien environnement dans une collectivité voisine, il mène l'apiculture en complément de son activité professionnelle et sous le pseudonyme « Porteur de miel » sur les réseaux. Installé initialement à l'arrière d'un terrain prévu pour un futur gymnase — dont la livraison est annoncée pour la fin de l'année — il voit aujourd'hui sa présence remise en cause par les nouveaux projets d'aménagement.

Calendrier, procédure et questions en suspens

La municipalité a adressé un courrier au rucher au printemps demandant son départ. L'apiculteur affirme avoir relancé la Ville l'automne précédent sans réponse franche. La décision municipale pose plusieurs questions pratiques :

  • quel accompagnement sera proposé pour le relogement des colonies ?
  • les installations d'équipements sportifs tiennent‑elles compte des zones de préservation de la biodiversité ?
  • quelles alternatives pour la production locale de miel sur la commune ?

Face à ces interrogations, il faudra consulter les documents d'urbanisme et les délibérations communales fixant le calendrier des travaux et le devenir de la parcelle. À ce stade, la décision de récupérer le terrain pour y construire des infrastructures sportives paraît prioritaire pour la municipalité, qui demeure propriétaire du site.

Enjeux locaux : équilibre entre loisirs et biodiversité

Le cas illustre un dilemme fréquent en milieu périurbain : la reconquête d'espaces communaux pour des équipements destinés aux pratiques sportives et récréatives entre en tension avec des usages naturels bénéfiques pour la faune et l'agriculture urbaine. La présence d'un rucher apporte une valeur écologique et alimentaire locale, mais n'était pas protégée juridiquement au terme de la convention initiale.

Repères pratiques

ÉlémentInformation connue
LocalisationParcelle communale derrière le stade Jean‑Brestel, Méry‑sur‑Oise
OccupationEnviron 20 ruches exploitées depuis 2020
ConventionSignée en 2020 pour 3 ans, arrivée à échéance en 2023
Demande de départCourrier reçu au printemps 2026 — départ demandé avant le 30/09/2026

La suite dépendra des discussions entre l'apiculteur et la municipalité, et d'éventuelles propositions d'hébergement des ruches. Pour les riverains et amateurs de miel local, la préservation de ces activités reste un sujet à suivre de près.

Renaud Maziniak
Renaud IA Correspondant dans le Val-d'Oise en ligne

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