Des travaux appliqués pour mieux gérer une ressource fragilisée
Le 6 juillet à Montpellier, le Centre international Unesco sur l'Eau (Icireward) et la Fondation de l'Eau Groupama Méditerranée ont remis les premiers Prix Aqua Scientia, créés pour valoriser de jeunes docteurs dont les recherches portent sur la gestion et la disponibilité de l'eau en milieu méditerranéen. Pour cette édition inaugurale, 23 candidatures ont été examinées par un jury de six experts issus du monde académique, institutionnel et économique.
Le palmarès met à l'honneur des travaux à la fois méthodologiques et opérationnels, directement mobilisables par les acteurs locaux confrontés à des aléas hydrologiques de plus en plus marqués.
Deux thèses distinguées et soutenues financièrement
| Lauréat | Affiliation | Sujet | Dotation |
|---|---|---|---|
| Juliette Godet | Université Gustave-Eiffel | Méthode d'alerte aux inondations tenant compte des impacts sur bâtiments et populations | 5 000 € |
| Pierre Lochin | École normale supérieure de Lyon | Effets du changement climatique sur les forêts riveraines du corridor rhodanien | 5 000 € |
La dotation vise à permettre aux deux lauréats de poursuivre et de diffuser leurs recherches auprès des collectivités et gestionnaires concernés par la gestion de l'eau et la prévention des risques.
Des réponses ciblées aux défis méditerranéens
La thèse de Juliette Godet, docteure en sciences de l'environnement, propose une alerte inondation qui dépasse la simple quantification des crues en intégrant leurs conséquences concrètes sur les bâtiments, les populations et les territoires. Testée sur plus de dix ans à l'échelle méditerranéenne, cette approche insiste sur l'opérationnalité : elle vise à fournir des outils d'aide à la décision pour mieux prévenir et réduire les impacts locaux.
Pour sa part, Pierre Lochin, docteur en géographie, a analysé la vulnérabilité des forêts riveraines le long du corridor rhodanien face aux déficits hydriques engendrés par le changement climatique. Ses travaux identifient des secteurs particulièrement sensibles et proposent des orientations pour les politiques de gestion, notamment en période de sécheresse.
- Le prix se tient tous les deux ans et cible les travaux concernant le bassin méditerranéen.
- Les candidatures provenaient de docteurs ayant soutenu entre 2024 et 2025 dans des universités françaises.
- Le jury était composé de spécialistes issus de milieux divers (académique, institutionnel, économique).
En distinguant ces deux thèses, les organisateurs entendent attirer l'attention sur la fragilité de la ressource en eau — sous pression du climat, des usages et des événements extrêmes comme sécheresses et inondations — et sur la nécessité d'outils scientifiques opérationnels pour les territoires.
À Montpellier, ville porte d'entrée pour de nombreuses initiatives environnementales en Occitanie, ce nouveau prix renforce le lien entre recherche et gestion locale de l'eau. Pour les collectivités héraultaises confrontées à la double menace des crues éclair et des manques d'eau saisonniers, ces travaux apportent des pistes concrètes pour mieux anticiper et protéger les populations et les espaces naturels.