Plus de six ans après les faits, la mort de Mohamed Gabsi revient devant la justice. Ce vendredi, un policier municipal de Béziers doit comparaître devant la cour d’assises dans une affaire qui continue de marquer la ville et le département de l’Hérault. Le fonctionnaire est poursuivi pour homicide involontaire, après le décès de cet homme interpellé pendant le confinement sanitaire.
Une interpellation au moment du couvre-feu
Les faits se sont déroulés dans la nuit du 8 avril 2020. À cette période, les déplacements étaient soumis à un couvre-feu. Mohamed Gabsi, âgé d’une trentaine d’années, aurait été repéré vers 22 heures alors qu’il se trouvait en infraction avec cette restriction. Il a ensuite été arrêté par des agents de la police municipale, puis placé à l’arrière d’un véhicule de service afin d’être conduit au poste, situé à proximité.
Le drame s’est noué pendant ce trajet très court. D’après les éléments rapportés dans le dossier, l’un des agents s’est installé sur le corps de l’interpellé pour le maintenir. À l’arrivée au commissariat, Mohamed Gabsi était inanimé. Les secours ont tenté de le réanimer, mais son décès a finalement été constaté sur place. Le défunt était père de famille.
Les causes de l’asphyxie au centre des débats
L’audience doit notamment examiner les circonstances précises du transport et les gestes réalisés au cours de celui-ci. Les débats s’annoncent tendus autour de deux questions centrales :
- les conditions dans lesquelles Mohamed Gabsi a été maintenu à l’arrière du véhicule ;
- le mécanisme exact ayant conduit à son asphyxie et à son décès ;
- la chronologie de l’intervention jusqu’à l’arrivée au poste.
Les débats porteront notamment sur « les causes exactes de l’asphyxie » et les conditions du transport.
Une affaire suivie depuis le printemps 2020
Le dossier trouve son origine dans une période exceptionnelle, marquée par les contrôles du couvre-feu et les restrictions sanitaires. Mais l’enjeu judiciaire dépasse aujourd’hui le seul contexte du confinement : il porte sur les conditions d’une interpellation menée par des agents municipaux et sur la responsabilité pénale du fonctionnaire mis en cause. La cour devra apprécier les faits à partir des éléments versés au dossier et des explications données à l’audience.
À Béziers comme dans l’Hérault, ce procès remet ainsi au premier plan la question de l’usage de la force lors des contrôles de police. À ce stade, la source ne précise ni la durée des débats ni la date attendue du verdict. Le policier municipal doit répondre des faits qui lui sont reprochés devant la juridiction criminelle.