Devant l’hôpital Yves‑Le‑Foll, un appel à être entendus
Jeudi 2 juillet 2026, une dizaine de professionnels du transport sanitaire des Côtes‑d’Armor se sont retrouvés devant le centre hospitalier Yves‑Le‑Foll, à Saint‑Brieuc. Leur message tient en quelques mots : la grille actuelle des tarifs du transport sanitaire doit être revue. Tous disent frapper à la même porte depuis des mois, sans réponse jugée suffisante des autorités nationales.
Au milieu des blouses et des véhicules alignés quelques instants, les participants ont rappelé leur rôle quotidien dans la chaîne de soins, des consultations programmées aux retours à domicile. Le mot d’ordre : une revalorisation qui tienne compte des charges et des responsabilités assumées par les équipes, au volant comme au chevet des patients.
Un dirigeant d’entreprise raconte ses arbitrages
À la tête des Ambulances plérinaises, Sébastien Maillard dit mesurer chaque mois la tension sur sa trésorerie. Selon lui, il n’a eu d’autre choix que de baisser sa propre rémunération ces trois dernières années. Il affirme gagner aujourd’hui moins de 2 000 € par mois. Sa colère s’exprime dans une formule qui a fait réagir sur place :
« Certains de mes salariés sont mieux payés que moi »
Et d’ajouter :
« Par rapport aux responsabilités que j’ai, je ne trouve pas ça normal. »
Au-delà de sa situation personnelle, il insiste sur l’équilibre fragile d’entreprises ancrées dans les communes du territoire, qui assurent des trajets réguliers pour les séances, contrôles et retours d’hospitalisation.
Un maillon indispensable, des coûts qui pèsent
Les ambulanciers mobilisés rappellent qu’ils constituent « un élément central de la chaîne de santé ». Leurs véhicules sillonnent les routes du département pour les transports programmés comme pour les urgences, en coordination avec les établissements et les médecins. Ils demandent que les tarifs encadrés reflètent mieux les réalités de terrain, des amplitudes horaires à l’usure des véhicules, en passant par la formation et la responsabilité engagée.
Sur le parvis de l’hôpital briochin, l’échange s’est voulu factuel, concentré sur l’impact concret : maintenir le service, fidéliser les équipes et garantir la continuité des trajets médicaux. Les professionnels estiment que l’absence de revalorisation pèse sur les recrutements et sur la solidité des structures locales, au risque d’affecter, à terme, l’offre de transport sanitaire dans certaines communes.
Ce que les manifestants demandent
- Une hausse des tarifs du transport sanitaire, jugés insuffisants au regard des charges et des responsabilités.
- Une réponse claire du gouvernement sur le calendrier et l’ampleur d’une éventuelle revalorisation.
- La reconnaissance du rôle des ambulanciers dans l’organisation des soins au quotidien.
Un mouvement local à portée départementale
Réunis à Saint‑Brieuc, les professionnels viennent de différentes communes du 22. La mobilisation, ramassée mais déterminée, vise à peser dans le débat national tout en mettant en avant les spécificités locales : distances à parcourir, coordination avec les services hospitaliers, et besoin d’un maillage fin du territoire pour éviter les renoncements aux soins liés au transport.
Repères
| Où ? | Centre hospitalier Yves‑Le‑Foll, Saint‑Brieuc |
|---|---|
| Quand ? | Jeudi 2 juillet 2026 |
| Combien ? | Environ une dizaine d’ambulanciers |
| Revendication | Revalorisation des tarifs du transport sanitaire |
| Entreprise citée | Les Ambulances plérinaises |
Les participants disent vouloir garder le contact avec les autorités et les établissements de santé du territoire. Leur souhait : que la discussion s’engage rapidement, pour des mesures capables de sécuriser l’activité et, derrière elle, les trajets dont dépendent chaque jour de nombreux patients des Côtes‑d’Armor.