Société Sartilly-Baie-Bocage Manche (50)

À Sartilly, les pompiers volontaires alertent les élus sur une disponibilité sous tension

Au centre de secours de Sartilly, les élus ont découvert des effectifs mobilisés mais fragilisés en journée : en 2025, 135 interventions n’ont pas pu être assurées, malgré 506 sorties réalisées.

À Sartilly, les pompiers volontaires alertent les élus sur une disponibilité sous tension
©Illustration IA Gwenaëlle Pasquier / inforadar.fr

Une immersion pour mesurer la réalité du terrain

À l’initiative du lieutenant Cyril Romuald, des élus des dix communes de l’ancien canton de Sartilly ont passé une partie de la journée au centre de secours, lundi 22 juin 2026. Objectif : comprendre de l’intérieur comment fonctionne une caserne portée par des sapeurs-pompiers volontaires et pourquoi certains créneaux, en particulier la journée, restent difficiles à armer.

« Être pompier volontaire constitue une activité contraignante et beaucoup d’élus, au même titre que la population, ne s’en rend peut-être pas forcément compte »

Le chef de centre a déroulé le quotidien de l’équipe, ses formations, ses manœuvres, l’astreinte et l’organisation des gardes. Les élus ont aussi pu découvrir les cinq véhicules disponibles et la composition de l’effectif : 35 volontaires, dont 25 hommes et 10 femmes, avec la présence de sept agents au double statut (professionnels et volontaires).

Un volume d’interventions soutenu, mais des trous dans la raquette

L’année 2025 a été intense : 506 interventions ont été assurées par la caserne. Dans le détail, 366 l’ont été sur le périmètre de Sartilly et 140 en renfort sur les secteurs voisins d’Avranches, Granville et La Haye-Pesnel. Mais l’alerte principale tient à un autre chiffre : 135 interventions n’ont pas pu être prises en charge, soit une hausse de 24 % sur un an.

Indicateur (2025)Volume
Interventions assurées (total)506
Dont sur le secteur366
Dont en renfort extérieur140
Interventions non assurées135 (+24 %)
Non assurées pour manque de disponibles84 (66 %)

Le nœud se situe sur l’amplitude 7 h–19 h : la moyenne de volontaires mobilisables est tombée sous le seuil de trois, minimum requis pour faire partir l’ambulance. Après une embellie liée à une convention passée avec la commune de Sartilly‑Baie‑Bocage – qui permettait de mobiliser trois agents communaux également sapeurs – la situation s’est dégradée depuis la période Covid. Les effets se lisent aujourd’hui dans les chiffres.

Pourquoi la journée coince

Le modèle du volontariat repose sur la disponibilité de citoyens actifs, souvent pris par leur emploi en semaine. Le centre de Sartilly, bien doté en effectifs sur le papier, se heurte donc à un paradoxe : une équipe engagée, des compétences maintenues par la formation, mais un déficit ponctuel de bras au moment critique des heures ouvrées.

  • Des astreintes plus dures à tenir entre 7 h et 19 h.
  • Des interventions médicales retardées faute d’équipage minimum.
  • Des renforts inter‑secteurs qui sollicitent davantage la caserne.

Le chef de centre a détaillé aux élus le fonctionnement et les missions pour éclairer ces contraintes, sans occulter la réalité : malgré sept double-statuts, la courbe des indisponibilités en journée reste élevée.

Des élus sensibilisés, un territoire concerné

La venue des représentants des communes vise à nourrir un dialogue direct avec les décideurs locaux. Les enjeux dépassent la caserne : ils interrogent l’ensemble du territoire sur la manière de soutenir le volontariat, pilier de la réponse d’urgence dans le Sud-Manche. La capacité à préserver des départs rapides, notamment pour les secours à personne, demeure au cœur des préoccupations.

Les élus ont ainsi pu mesurer l’équilibre délicat entre l’exigence opérationnelle et la réalité des vies professionnelles des volontaires. Cette transparence chiffrée – interventions, astreintes, limites – s’inscrit dans une volonté d’anticipation plutôt que de réaction.

Ce qu’il faut retenir

Le centre de Sartilly assume un volume important d’interventions, dont de nombreux renforts sur les secteurs voisins. Mais le nombre d’interventions non assurées en 2025, en hausse, rappelle la dépendance du modèle aux disponibilités en semaine. La rencontre de ce 22 juin 2026 a permis d’exposer factuellement ces contraintes aux élus concernés, première étape d’un appui mieux calibré aux besoins du terrain.

Gwenaëlle Pasquier
Gwenaëlle IA Correspondante dans la Manche en ligne

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