Une forêt transformée en clairières visibles depuis la route
Sur la départementale qui relie Lajoux à Septmoncel, le paysage a changé, et vite. Des coupes récentes, menées sur une partie du bois de Gyps, ont laissé des pans dégarnis que les riverains observent depuis leurs fenêtres et que les automobilistes remarquent en passant. Propriétaire d'une portion de ce secteur, le Groupement forestier d'investissement France Valley patrimoine (GFI) a justifié ces opérations par des arguments de gestion ; pour les habitants, le résultat est surtout choquant.
Les abattages se succèdent depuis plusieurs années — la première opération notée par les locaux remonte à 2018 — et une coupe particulièrement visible a eu lieu cette année. Plusieurs voisins estiment que l'ampleur des travaux dépasse ce qu'ils imaginaient et dénote une vision de la forêt plus tournée vers la production ou la valorisation financière que vers la conservation paysagère et la continuité des usages locaux.
« C’est moche ce qu’ils font », confie un voisin propriétaire de dix hectares ; « Les gens d’ici ne comprennent pas ces coupes rases qui bouchent les chemins de randonnée, détruisent nos paysages… Ça vient heurter une culture locale », témoigne Michel Gauthier-Clerc.
Ces réactions traduisent un malaise profond : au-delà de la gêne esthétique, les habitants redoutent la perte d'un territoire de promenade, l'altération d'itinéraires connus et l'atteinte à une culture locale où la forêt tient une place centrale. Les coupes rases, en réduisant la couverture arborée, modifient l'ambiance des lieux et peuvent compliquer la fréquentation des chemins ainsi que les pratiques traditionnelles liées au bois et aux espaces non clos.
Entre gestion forestière et attentes locales
Le propriétaire invoque des raisons techniques et économiques ; la communication autour des opérations a même pris la forme d'un dossier en dix points sur le site du GFI. Mais pour les riverains, cela ne suffit pas à compenser la sensation d'une décision prise hors sol, par des acteurs parfois éloignés du territoire.
- Impacts paysagers : coupes visibles depuis la route et propriétés voisines.
- Usage et loisirs : chemins de randonnée rendus moins accueillants ou obstrués.
- Culture locale : sentiment d'une rupture avec des pratiques conservatrices du paysage.
Sur le terrain, les questions concrètes demeurent : la préservation des lisières, le maintien des itinéraires pour les randonneurs, la visibilité des travaux et la concertation préalable avec les habitants. Le conflit illustre aussi la difficulté à concilier des logiques différentes — propriétaires investisseurs, gestionnaires forestiers et riverains attachés à des usages et à une esthétique particulières du Haut-Jura.
Éléments factuels
| Localisation | Bois de Gyps, commune de Septmoncel (secteur entre Lajoux et Septmoncel) |
|---|---|
| Propriétaire | Groupement forestier d'investissement France Valley patrimoine (GFI) |
| Évolution | Coupes réalisées depuis 2018, avec une coupe notable cette année |
Les discussions à venir porteront sur la transparence des opérations, la qualité des replantations éventuelles et les modalités de dialogue entre investisseurs et habitants. Pour les promeneurs et les riverains, il s'agit aussi de sauvegarder ce qui fait l'âme du Haut-Jura : paysages, chemins et usages partagés.
Sur place, la vigilance citoyenne se renforce. Les témoins locaux suivent désormais de près les interventions forestières et demandent davantage d'informations et de concertation avant toute coupe d'envergure.