Un départ volontaire pour une vie paysanne retrouvée
Il y a presque dix ans, Jean‑Baptiste et Violaine ont choisi de changer de rythme de vie. Après avoir travaillé dans une grande structure agricole en Haute‑Savoie, le couple a décidé de quitter l'agglomération d'Annecy pour reprendre, le 1er avril 2017, une ferme certifiée en agriculture biologique à Sellières, dans le Jura.
« Il y a près de dix ans, j’ai quitté une grosse structure (...) et une grande agglomération. »
Ce choix, lié à des priorités familiales et à la recherche d'un cadre plus serein, s'est accompagné d'un investissement notable : 500 000 € ont été nécessaires pour racheter le cheptel, le matériel, les stocks, les bâtiments et une parcelle destinée à la construction d'une maison. Le financement a été assuré par la cession des parts dans le Gaec haut‑savoyard et par un emprunt contracté alors à 1 %. Le foncier est exploité sous un bail de 18 ans.
Un outil prêt à produire et une intégration locale facilitée
Avant la reprise, les cédants avaient facilité l'installation en présentant le couple aux partenaires locaux — coopérative, Cuma, CIGC — et en les introduisant au village, qui dispose de services et d'un groupe scolaire. Le démarrage a ainsi été accéléré : un mobile home a d'abord servi d'habitation provisoire, puis bureau, avant la construction de leur maison en 2020.
Évolution technique et montée en puissance du troupeau
À l'origine, la ferme produisait 235 000 litres de lait AOP comté et morbier avec 35 montbéliardes sur 73 hectares. En quelques années, le couple a développé le système herbagé, pâturant et économe qu'il souhaitait. Aujourd'hui, l'exploitation livre 320 000 litres issus de 40 montbéliardes sur 107 hectares, dont 68 % en prairies.
- Passage au bio confirmé et maintien des appellations AOP.
- Renforcement du foncier pour stabiliser le système herbager.
- Investissement initial et montage financier mixte (cession + emprunt).
Contrainte climatique et adaptation
Le texte de présentation souligne aussi une contrainte : l'absence d'orages l'été dans le nouvel environnement, qui impose d'adapter pratiques et gestion des pâturages. Ce point illustre la réalité des exploitations jurassiennes confrontées aux aléas du climat et à la nécessité d'ajuster l'assolement et les réserves fourragères.
Ce que dit ce parcours pour le Jura
Le cas de Sellières est révélateur de plusieurs dynamiques : l'attractivité du département pour des agriculteurs cherchant une qualité de vie, la faisabilité d'une reprise avec un outil prêt à produire, et l'importance des réseaux locaux pour réussir l'installation. Il témoigne aussi des investissements lourds nécessaires et de la fragilité face aux évolutions climatiques.
Pour les jeunes candidats à l'installation, cette expérience met en lumière des leviers pratiques : partenariats locaux, montages financiers adaptés et volonté de concevoir un système économe en intrants, centré sur l'herbe. À Sellières, le pari semble réussi : production en hausse, troupeau consolidé et vie de famille retrouvée.
| Année clé | Chiffres |
|---|---|
| 2017 | Rachat de la ferme (1er avril), investissement 500 000 € |
| 2020 | Construction de la maison |
| Situation actuelle | 320 000 L de lait, 40 montbéliardes, 107 ha (68 % en herbe) |