Un face‑à‑face à la criée pour tenter d'apaiser une semaine de mobilisation
Lundi, Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, s'est rendue à Sète pour une réunion avec des pêcheurs de la Méditerranée, au lendemain d'une semaine de mobilisation nationale contre la hausse des prix du carburant et des conditions de travail jugées dégradées. La rencontre, qui s'est tenue dans une petite salle de la criée, a regroupé une délégation d'environ soixante professionnels déjà reçus la semaine précédente à Paris.
Le ton était à la discussion : selon Bertrand Wendling, de l'organisation de producteurs Sathoan, la réunion a permis de préciser des points restés en suspens et d'envisager un travail « à moyen terme » associant scientifiques, professionnels et services de l'État en vue d'une révision du plan West Med.
"Le plan WestMed [règlement européen qui encadre l'effort de pêche] n'est pas adapté",
La formule, rapportée par les participants et prononcée par la ministre, résume la fracture principale entre les pêcheurs et les autorités européennes : le dispositif jugé trop contraignant ne correspondrait pas, selon eux, aux réalités de la pêche méditerranéenne.
Ce qui fâche : quotas de sorties et taille des mailles
Plusieurs griefs ont été rappelés au cours de la réunion :
- la limitation à 100 sorties en mer par an imposée par le plan West Med, considérée trop restrictive ;
- les filets aux mailles très larges qui, selon les pêcheurs, laissent échapper une partie importante des prises ;
- la nécessité de nouvelles autorisations, en particulier pour la pêche du thon rouge en Méditerranée.
Face à ces revendications, la ministre a assuré qu'elle demanderait davantage de souplesse auprès de la Commission européenne et entamerait des discussions avec la région Occitanie pour tenter d'adapter les mesures au terrain.
| Participants | Sujets abordés |
|---|---|
| ~60 pêcheurs, Sathoan | Plan West Med, carburant, autorisations thon |
| Ministre Catherine Chabaud | Promesse de demandes d'assouplissement à Bruxelles |
Des annonces, mais pas de réponses immédiates
Si la rencontre a rétabli un dialogue direct entre les pêcheurs et le gouvernement, elle n'a pas apporté de solutions immédiates aux questions de trésorerie des armements liées au coût du carburant ni à celles concernant les autorisations spécifiques demandées pour le thon rouge. Les échanges annoncent plutôt une période de négociations techniques et de concertation scientifique.
Pour les acteurs locaux, l'enjeu est double : obtenir des aménagements de la règlementation européenne sans compromettre les ambitions de durabilité affichées par le plan West Med. Le risque est d'aboutir à des compromis longs à concrétiser, alors que la conjoncture financière pèse déjà sur les entreprises de pêche.
À Sète, port historien de la pêche méditerranéenne, la visite de la ministre relance l'attente d'effets tangibles. Les professionnels attendent désormais des initiatives précises, calendriers et décisions européennes à l'appui, pour que la mobilisation de ces derniers jours débouche sur des mesures opérationnelles.
La suite des discussions se jouera au niveau régional et européen. En attendant, la criée de Sète reste au centre d'un débat où la préservation des ressources se heurte aux impératifs économiques des équipages.