Des bidons et des citernes pour pallier le manque de pluie
À Tromarey, petit village de la Haute‑Saône proche de Marnay, des chasseurs se consacrent cette semaine à une action devenue vitale : remplir et remettre en état une quinzaine de points d'eau disséminés en lisière de champs et au cœur des bois afin que la faune locale puisse boire pendant la canicule.
La tâche est réalisée par une poignée de bénévoles de l'association communale de chasse. Armés de bidons pour les petits abreuvoirs en bordure de parcelles et à l'aide d'un tracteur équipé d'une petite citerne pour les points d'eau forestiers, ils font le tour des installations plusieurs fois par semaine.
Les espèces visées par cette mobilisation sont variées : lapins, lièvres, renards, perdrix, faisans, merles et d'autres oiseaux et insectes bénéficient des apports. Les plus gros mammifères, sangliers et cerfs, accèdent quant à eux à des retenues plus profondes en forêt, elles‑mêmes entretenues par ces mêmes chasseurs.
« Là on réalimente, avec 20 litres d'eau. Ce soir, il y en a plein qui vont être contents. »
Des réserves qui fondent face à la sécheresse
La situation n'est pas nouvelle mais elle s'est aggravée : la réserve principale installée pour collecter l'eau de pluie est passée de 20 000 litres de capacité à un niveau critique. Selon les volontaires, il ne resterait plus qu'environ 2 000 litres si la pluie ne revient pas sous huit jours, ce qui rend incertaine la poursuite de l'opération à moyen terme.
| Capacité de la réserve | Volume restant approximatif |
|---|---|
| 20 000 litres | 2 000 litres |
Face à ce constat, les chasseurs insistent sur la nécessité d'agir rapidement : sans réalimentation, plusieurs points d'eau se tariront et les animaux seront contraints de se déplacer, avec des risques accrus pour les populations et les cultures.
Un geste pratique, pas seulement symbolique
Interrogés sur la contradiction apparente entre chasse et protection, les bénévoles rappellent que leur action n'est pas motivée par une sensibilité abstraite mais par une volonté de préserver la présence d'animaux sur le territoire. Ils soulignent que l'objectif est d'assurer leur survie et de maintenir un équilibre local, et non d'encourager la prolifération.
- Qui intervient : une demi‑douzaine de chasseurs bénévoles de Tromarey.
- Quoi : réapprovisionnement d'une quinzaine de points d'eau en champs et en forêt.
- Problème : réserve de 20 000 l presque vide, ~2 000 l restants.
La mobilisation locale illustre la manière dont des acteurs ruraux adaptent des pratiques de terrain face aux épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents. À Tromarey, comme ailleurs en Bourgogne‑Franche‑Comté, la question du suivi des ressources en eau et de solutions pérennes pour la faune sauvage apparaît désormais au premier plan des préoccupations.