De nouveaux éléments portent sur des déplacements autour de Mailhoc
Les révélations intervenues cet été dans l'enquête sur la disparition et la mort de Delphine Aussaguel, infirmière de 33 ans, ont relancé une affaire longtemps marquée par des zones d'ombre. Après la condamnation en 2025 de Cédric Jubillar pour meurtre, l'accusé a fait des aveux et indiqué l'endroit où le corps aurait été dissimulé. Des ossements, désormais attribués à la victime, ont été retrouvés dans le secteur de Mailhoc (Tarn).
Parallèlement, les enquêteurs ont confronté ces nouvelles déclarations aux éléments de l'enquête initiale. Parmi eux, des données de géolocalisation issues du téléphone de l'accusé — transmises aux gendarmes par Google après son refus de communiquer ses codes — montrent que l'appareil a borné à plusieurs reprises à proximité du lieu de découverte des restes, dès le 5 décembre 2020, soit environ dix jours avant la disparition de Delphine.
« Par hasard »
La question centrale qui se pose désormais est simple et lourde de conséquences : ces passages s'expliquent-ils par des repérages prémédités ou relèvent-ils d'un hasard de parcours, comme le suggère la défense ? Les éléments de téléphonie mobile, connus des enquêteurs depuis décembre 2021, prennent une nouvelle importance à la lumière des aveux et de la localisation du corps.
- 5 décembre 2020 : premiers bornages signalés près de Mailhoc.
- Décembre 2021 : transmission des données Google aux enquêteurs.
- 2025 : condamnation de Cédric Jubillar à 30 ans de réclusion.
- Été 2026 : aveux et indication du lieu; découverte d'ossements attribués à la victime.
- Procès en appel : reporté au premier semestre 2027.
Ces éléments peuvent influer sur l'appréciation de la préméditation, question déterminante pour la qualification des faits. Les magistrats devront établir si les déplacements relevés par les bornes sont compatibles avec un comportement préparatoire — ce qui renforcerait l'accusation — ou s'ils s'inscrivent dans un enchaînement d'événements non prémédités, comme le maintient l'accusé en évoquant une dispute ayant mal tourné.
| Date | Fait |
|---|---|
| 5 déc. 2020 | Bornages du téléphone près de Mailhoc |
| Déc. 2021 | Données Google transmises aux gendarmes |
| 2025 | Condamnation en première instance à 30 ans |
| Été 2026 | Aveux et découverte d'ossements |
| 1er sem. 2027 | Report du procès en appel |
Sur le plan local, cette affaire continue d'interroger la communauté et les autorités judiciaires du Tarn. La confrontation des techniques d'enquête — analyse de téléphonie, expertises médico-légales, auditions — sera déterminante pour reconstituer la chronologie des faits et établir la nature exacte de la responsabilité pénale. Le report du procès en appel laisse en suspens de nombreuses questions qui seront examinées au premier semestre 2027, lorsque la procédure reprendra.
Des suites pratiques sont d'ores et déjà à noter : les investigations techniques se poursuivent et la coordination entre gendarmerie et autorités judiciaires devrait rester soutenue afin d'intégrer l'ensemble des preuves nouvelles au dossier. Les habitants du secteur de Mailhoc, comme l'ensemble des Tarn-et-Garonnais concernés par l'affaire, attendent désormais que la lumière soit faite sur ces déplacements et leur signification.